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ÉDITO – Crise aux urgences: "C'est à Edouard Philippe de prendre à bras-le-corps le dossier"

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Pas convaincus par les annonces de la ministre de la Santé jeudi dernier, plusieurs services d'urgences sont encore touchés par la grève des personnels soignants en ce début de semaine.

Plusieurs dizaines de services d'urgences sont encore impactés par le mouvement de grève des personnels soignants ce lundi. Depuis deux mois, infirmiers, aides-soignants et médecins réclament des moyens supplémentaires: revalorisation salariale, embauches, arrêt de la fermeture des lits…

Les réponses d'Agnès Buzyn apportées jeudi lors du congrès des urgentistes sont loin d'avoir convaincu. La ministre de la Santé a promis la création d'une mission de "refondation" des services d’urgences, une prime exceptionnelle et un soutien financier aux établissements connaissant des surcroîts d’activité. Pour notre éditorialiste politique, Christophe Barbier, ces solutions sont "trop techniques".

Un "problème de société"

"Ce n'est plus seulement un conflit professionnel au sein de l'hôpital. Ça devient un problème de société, un problème politique. C'est pourquoi la réponse d'Agnès Buzyn est trop technique. Elle doit monter au niveau politique. Ça veut dire remonter vers nous pour poser le problème aux citoyens: est-ce bien raisonnable d'aller aux urgences pour telle ou telle raison? Il y a des cas où ça ne discute pas, puis il y a des cas où ça se discute. Il faut désengorger les urgences et c'est à chaque patient de se poser la question: 'dois-je vraiment y aller? Est-ce que ça ne peut pas attendre demain matin un rendez-vous avec mon médecin?", fait valoir Christophe Barbier.
"Si les patients vont aux urgences trop facilement pour des maux qui ne le méritent pas, c'est aussi parce qu'ils ne trouvent pas dans la chaîne de services médicaux le bon interlocuteur, notamment les week-ends ou tard le soir. Il faut reconstituer une chaîne d'accès à des services ou à des conseils médicaux pour éviter que pour un oui ou pour un non, on se rende aux urgences.
Monter au niveau politique, c'est aussi monter à des crans supérieurs de l'exécutif. C'est à Edouard Philippe de prendre à bras-le-corps le dossier. On attend des mots précis du Premier ministre mercredi dans son discours de politique générale. On attend aussi de la part d'Emmanuel Macron un signe, (…) quelque chose qui montre que ce problème concerne toute la société: patients, soignants et ceux qui financent le système de santé, c'est-à-dire les contribuables", avance encore notre éditorialiste politique. 
Benjamin Rieth