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EDITO - 72 élus de droite pour Macron: "Un cadeau empoisonné"

Ce soutien venu de la droite et du centre, annoncé dans une tribune publiée dans le Journal du dimanche, "fait basculer davantage La République En Marche vers la droite et le macronisme risque d'y perdre un peu de son âme", selon Nicolas Prissette, éditorialiste politique à BFMTV.

72 maires et élus locaux de droite et du centre ont publié ce week-end une tribune dans le Journal du dimanche pour annoncer leur soutien à Emmanuel Macron. A un an des élections municipales, cette annonce ressemble à une aubaine pour le parti de la majorité. Notamment parce que la jeune République en Marche, créée en 2016, est loin d'avoir un maillage territorial aussi développé que ses adversaires PS ou LR.

Mais d'après l'éditorialiste politique de BFMTV Nicolas Prissette, cette annonce de ralliement n'est pas forcément une bonne nouvelle pour le président de la République et le parti de la majorité.

>> Une "droitisation de LaRem"

"Quand vous avez des élus locaux qui manifestent un tel soutien, ça ne peut que faire plaisir au président de la République, même si beaucoup d'entre eux étaient déjà en rupture de ban avec Les Républicains. Par exemple Christophe Béchu, le maire d'Angers, a quitté ce parti depuis un an et demi, et beaucoup de ces signataires avaient déjà manifesté une forme de soutien au président de la république.
En réalité, c'est plutôt un cadeau empoisonné, parce que ce soutien fait basculer davantage la République en Marche vers la droite et le macronisme risque d'y perdre un peu de son âme et de ses électeurs de la gauche.
Et puis ce déséquilibre, c'est aussi un risque de fracture au sein de la majorité, où l'on entend le MoDem grincer des dents, estimer qu'il faut aussi aller chercher des relais chez des maires venant du centre et venant de la gauche. Il y a aussi un risque de fracture au sein de la majorité à l'Assemblée où une partie des élus vient du Parti Socialiste et ne voit pas forcément d'un bon oeil cette droitisation de LaREM.
On aura un rendez vous qui permettra de faire le point cette semaine avec le vote de confiance des députés (mercredi, NDLR). Ce sera l'occasion de constater si des élus de droite, des Républicains, s'abstiennent face à Edouard Philippe, ce qui serait un signe de fracturation supplémentaire de la droite."
Salomé Vincendon