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Dray veut une "coprésidence" du Parti socialiste

Julien Dray

Julien Dray - Capture BFMTV

Coprésidence, droit de censure des militants, formation politique renforcée: Julien Dray, pas encore officiellement candidat pour prendre la tête du PS, expose ses projets pour relancer un parti moribond.

Toujours dans une période de "réflexion" quant à sa candidature au poste de premier secrétaire du Parti socialiste, Julien Dray prépare toutefois le terrain, ce dimanche dans BFM Politique, en déclinant les grandes orientations qu'il souhaite voir adoptées par le PS. En fin tacticien, le conseiller régional d'Île-de-France, qui s'inquiète de la "groupuscularisation" du parti, propose notamment d'en réformer les institutions.

Coprésidence

En premier lieu, "l'éléphant" envisage une "coprésidence" à la tête du parti, constituée d'un tandem homme-femme. "Je trouve que ce serait un signal de modernité de dire: 'il n'y a pas un homme providentiel'", explique-t-il.

"Avec une coprésidence, chacun est obligé d'écouter l'autre, chacun est obligé d'apprendre de l'autre, d'apprendre à respecter l'autre. Ça change tout sur le fonctionnement institutionnel, c’est l'antithèse du pouvoir jupitérien."

Horizontalité

Dans la même veine, Julien Dray souhaite introduire - comme Benoît Hamon, avec qui le disciple de François Mitterrand n'a pourtant pas été tendre durant la campagne présidentielle - plus d'horizontalité dans la gestion du Parti socialiste. Constatant que la direction peut "faire pendant trois ans l’inverse de ce pour quoi elle a été mandatée, ce qui s’est un peu passé sous le quinquennat précédent", "Juju" milite pour un congrès annuel, avec droit de censure des militants, afin de conjurer la malédiction de la gauche réformatrice devenue gestionnaire sitôt au pouvoir:

"Imaginez un congrès tous les ans quand on est au pouvoir: un certain nombre d'erreurs seraient évitées, et la force de la direction du Parti socialiste face à l'exécutif changerait totalement", s'enthousiasme cet homme de l'ombre du quinquennat de François Hollande.

  • Formation

Le "baron noir" du Parti socialiste insiste enfin sur la nécessité de former politiquement les militants.

"Les universités d'été, tout le monde le savait, c’était le festival de Cannes: tout le monde venait pour se faire voir, pas pour apprendre", déplore-t-il.

Et Julien Dray veut un cursus musclé: stages de formation, universités régionales, avec des modules de formation en ligne. "Je veux changer le comportement des militants", explique-t-il, "ce ne sont pas seulement des électeurs au moment d'un congrès, ce sont des acteurs de la vie politique, d’un combat sur le terrain."

Louis Nadau