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Des maires RN et de droite refusent que la police municipale contrôle les pass sanitaires en terrasse

Le maire RN d'Hayange, Fabien Engelmann.

Le maire RN d'Hayange, Fabien Engelmann. - Frédérik Florin - AFP

Une fronde se dessine au sein des mairies RN ou assimilées autour de la question du contrôle préalable des pass sanitaires pour accéder aux terrasses. Plusieurs élus, dont Robert Ménard ou Fabien Engelmann, refusent d'y employer la police municipale et s'en font l'écho dans la presse ce mercredi. Un maire divers-droite a rejoint le mouvement.

Plusieurs maires RN ou proches du parti de Marine Le Pen refusent que leur police municipale contrôle les pass sanitaires en terrasse, voire dans l'ensemble des bars et restaurants, en dénonçant une mesure "inapplicable" et "liberticide".

"L'État a invité les maires à faire participer leurs polices municipales au contrôle de ce pass dans les établissements recevant du public (restaurants, bars...). Ce ne sera pas le cas à Fréjus", a affirmé son maire, le RN David Rachline, dans une tribune à Valeurs actuelles. "Je préfère voir mes agents continuer à se consacrer pleinement à la sécurité des Fréjusiens et des touristes et à la lutte contre la délinquance et les incivilités", a-t-il ajouté, en dénonçant "une dérive liberticide".

Le maire d'Hayange dénonce une mesure "liberticide"

Même décision à Hayange, en Moselle, où "nous avons décidé de demander à la police municipale de ne pas réaliser de contrôle chez les cafetiers et les restaurateurs concernant le pass sanitaire", indique un communiqué de cette ville dirigée par le RN Fabien Engelmann.

"Cette mesure liberticide mise en place par le gouvernement Macron n'a pas sa place au sein de notre pays libre et démocratique", estime la municipalité pour qui "la police est plus utile ailleurs".

Pour Robert Ménard, "ça ne tient pas debout"

Le maire de Béziers, dans l'Hérault, Robert Ménard, proche du RN, s'est lui opposé aux contrôles en terrasse, jugeant la mesure "inapplicable". "Vous pensez que je vais envoyer la police municipale vérifier que sur quatre personnes qui sont là il y en a une par hasard qui n'a pas son pass sanitaire? Ca ne tient pas debout" a-t-il affirmé à France Bleu Hérault. "Je suis pour le pass sanitaire (...), mais je pense que sur les terrasses ça n'a pas de sens", a-t-il ajouté.

Du côté de Beaucaire, dans le Gard, la municipalité a averti: "la police municipale aura mieux à faire que de procéder à des contrôles de pass sanitaire sur les terrasses des commerces et laissera l'État se débrouiller en la matière".

La ville dirigée par le RN Julien Sanchez, dénonçant dans un communiqué "les délires gouvernementaux", a également annulé deux foires prévues début septembre, dont l'organisation est "désormais impossible" du fait du pass sanitaire. Dans un communiqué lundi, la présidente du RN Marine Le Pen avait estimé qu'avec le pass sanitaire "les Français entrent en résidence surveillée".

L'opposition à ces contrôles ne se limite pas à l'extrême droite cependant. Le maire divers-droite de Vias, toujours dans l'Hérault, Jordan Dartier, estime lui aussi que ce n'est pas la mission des policiers municipaux. "Je leur demande de ne pas contrôler le pass sanitaire dans les établissements recevant du public - bars, restaurants...", a-t-il affirmé à l'AFP. "Il appartient aux seuls commerçants de contrôler l'accès des clients à leurs commerces", a-t-il assuré.

La mauvaise humeur d'un syndicat des policiers municipaux

"Les policiers municipaux ont autre chose à faire" que de contrôler les pass sanitaires, affirmait dès le 24 juillet le Syndicat de défense des policiers municipaux. Au ministère de l'Intérieur, on précise que les agents de police municipale "sont habilités" à constater "les infractions à la règlementation Covid", mais "n'ont cependant pas d'obligation de procéder à des contrôles" du pass sanitaire, dont l'organisation "est à l'appréciation de leur autorité d'emploi, c'est-à-dire du maire et de ses services".

Le pass sanitaire a été étendu lundi aux cafés et restaurants, pour une semaine de "rodage", avant d'éventuelles amendes. Une personne qui ne présente pas de pass sera passible d'une amende de 750 euros (forfaitisée à 135 euros si elle est réglée rapidement), un montant qui montera à 1500 euros en cas de récidive dans les 15 jours. Un professionnel qui n'appliquerait pas les contrôles requis encourt, lui, si ce manquement est constaté "à plus de trois reprises au cours d'une période de 45 jours", jusqu'à 9000 euros d'amende et un an d'emprisonnement.

R.V. avec AFP