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Des élus PS soupçonnés de corruption dans le Pas-de-Calais

Martine Aubry a annoncé jeudi la création d'une commission d'enquête sur le financement et le fonctionnement de la fédération du Pas-de-Calais du Parti socialiste après des soupçons de corruption visant plusieurs élus. /Photo prise le 12 octobre 2011/REUT

Martine Aubry a annoncé jeudi la création d'une commission d'enquête sur le financement et le fonctionnement de la fédération du Pas-de-Calais du Parti socialiste après des soupçons de corruption visant plusieurs élus. /Photo prise le 12 octobre 2011/REUT - -

PARIS (Reuters) - Après avoir dénoncé le "système Guérini" à Marseille, le député socialiste Arnaud Montebourg est parti en guerre contre une...

PARIS (Reuters) - Après avoir dénoncé le "système Guérini" à Marseille, le député socialiste Arnaud Montebourg est parti en guerre contre une possible corruption d'élus socialistes dans le Pas-de-Calais.

Le "troisième homme" de la primaire PS, avocat de formation,

a en effet écrit fin novembre à la première secrétaire Martine Aubry pour l'alerter sur des faits touchant des élus socialistes du département.

Depuis, Martine Aubry a répondu à son courrier, a déclaré jeudi à Reuters Christophe Borgel, secrétaire national du PS chargé des élections, sans révéler la teneur de cette réponse.

Le responsable socialiste a insisté sur le fait qu'il n'y avait à ce stade "aucun élément judiciaire" et "pas de mise en examen", la seule nouveauté étant "l'utilisation politique" de l'affaire.

Arnaud Montebourg s'est appuyé notamment sur les propos de l'ancien maire d'Hénin-Beaumont Gérard Dalongeville, qui a expliqué en décembre 2010 à la juge qui l'a mis en examen pour détournement de fonds publics qu'il ne voulait pas tomber seul.

Selon lui, plusieurs entreprises de la région achèteraient des hommes politiques et la fédération du Pas-de-Calais en échange de l'attribution de chantiers publics, rapportent jeudi les magazines Le Point et Les Inrockuptibles.

Le parquet de Lille a ouvert au printemps dernier une enquête préliminaire à la suite de courriers de Gérard Dalongeville.

L'ancien édile a mis en cause plusieurs grandes sociétés dont la Soginorpa, qui gère les anciens logements miniers, présidée par le député-maire PS de Liévin Jean-Pierre Kucheida. Ce dernier a été de nouveau investi pour les élections législatives de 2012.

LE PS PRENDRA SES RESPONSABILITÉS

Sur France 3 mercredi, Jean-Pierre Kucheida s'est dit victime d'une opération de déstabilisation en pleine campagne électorale.

"C'est de la calomnie pure et simple, je réfute les accusations qui sont portées contre moi. Je ne me suis jamais occupé ni de près ni de loin des affaires de la fédération socialiste du Pas-de-Calais", a-t-il déclaré.

"Je ne peux pas empêcher Monsieur Dalongeville de fantasmer. Mes frais sont de l'ordre de 500 euros par mois, ils sont tous justifiés. C'est vrai les dépenses évoquées ont été payées avec la carte bleue de la Soginorpa car je n'avais pas la mienne, mais tout a été remboursé", a-t-il ajouté.

Selon Le Point, un comptable avait alerté le directeur financier de la Soginorpa sur des dépenses non justifiées du député-maire de Liévin avec sa carte de crédit professionnelle.

Christophe Borgel a affirmé que le Parti socialiste prendrait ses responsabilités si l'enquête devait confirmer des faits de corruption.

"S'il devait y avoir des choses, comme on l'a fait dans l'Hérault, comme on l'a fait dans les Bouches-du-Rhône, on prendra nos responsabilités, sans chercher la déclaration publique, tonitruante, mais simplement pour une remise en ordre, pour que la fédération fonctionne bien", a-t-il dit.

"Quand un élu est mis en cause par la justice, il vaut mieux qu'il se mettre en retrait du parti, ce qu'on a fait tout de suite avec Jean-Noël Guérini", a ajouté Christophe Borgel.

Jean-Noël Guérini, l'homme fort de la fédération des Bouches-du-Rhône, s'est mis en congé du PS après sa mise en examen pour "association de malfaiteurs, prise illégale d'intérêt, et trafic d'influence".

Il a refusé, en revanche, de démissionner de la présidence du conseil général des Bouches-du-Rhône.

Son cas a fait l'objet de querelles internes au PS, un rapport d'Arnaud Montebourg très sévère sur les pratiques de la fédération locale ayant dans un premier temps abouti à des demi-mesures, la première secrétaire Martine Aubry soutenant Jean-Noël Guérini en invoquant la présomption d'innocence.

Elizabeth Pineau et Gérard Bon, avec Pierre Savary à Lille