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Covid-19: pourquoi avoir nommé un vétérinaire au Conseil scientifique?

Un homme reçoit une dose du vaccin Pfizer-BioNtech contre le Covid-19 dans un centre de vaccination à Quimper le 16 février 2021

Un homme reçoit une dose du vaccin Pfizer-BioNtech contre le Covid-19 dans un centre de vaccination à Quimper le 16 février 2021 - Fred TANNEAU © 2019 AFP

Quatre nouvelles personnalités ont été nommées au sein de l'instance par décret en date du 16 février 2021.

Près d'un an après sa création, le Conseil scientifique accueille quatre nouveaux visages, nommés par un décret paru ce mercredi au Journal officiel. Les derniers venus sont l'infectiologue Catherine Chirouze, la pédopsychiatre Angèle Consoli, le gériatre Olivier Guérin et le vétérinaire Thierry Lefrançois, spécialiste de la physiopathologie au Cirad (centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement).

La nomination d'un vétérinaire, qui peut surprendre à première vue, avait pourtant été réclamée. En octobre dernier, le député LaREM Loïc Dombreval, vétérinaire de profession, avait écrit à Emmanuel Macron afin de demander la nomination d'un tel spécialiste au sein de l'instance. Un choix déjà fait par d'autres pays, comme l'Allemagne.

"Il y a une longue histoire entre les vétérinaires et les coronavirus. (...) Les vétérinaires sont habitués à traiter de grandes populations. Des épidémies, ils en gèrent tous les cinq ans", avait déclaré l'élu en novembre dernier au HuffPost. citant la tuberculose, la rage et l'influenza aviaire, entre autres.

"Des coronavirus différents de celui de la Covid-19 qui a déjà tué plus de 1,2 million d'humains, se retrouvent chez les chiens, les chats, les cochons ou les volailles", avait appuyé l'Académie vétérinaire de France dans un communiqué à la même période. "La crainte de nouvelles contaminations humaines à partir d'un nouveau réservoir animal est fondée et doit être intégrée dans la gestion de la crise", poursuivait l'instance, illustrant le risque par les contaminations d'élevages de visons.

Interdépendance des espèces

Une nomination vue d'un bon œil par le ministre de l'Agriculture. Julien Denormandie, "qui a soutenu et proposé cette nomination, se félicite de l'intégration d'une expertise vétérinaire au sein du Conseil scientifique", a-t-il fait savoir dans un communiqué publié ce mercredi.

"Les dernières décennies ont été marquées par des crises sanitaires qui ont souvent mis en évidence l’interdépendance entre l’animal, l’humain et les écosystèmes", peut-on lire.

"Plus globalement, le secteur vétérinaire participe à l’effort de lutte contre la Covid-19", précise par ailleurs le ministère. "Les vétérinaires praticiens et les écoles nationales vétérinaires ont mis à disposition des hôpitaux du matériel médical, les laboratoires vétérinaires départementaux réalisent des tests de dépistage et de séquençage du virus afin d’identifier les variants, les laboratoires pharmaceutiques vétérinaires contribuent aujourd’hui au stockage des vaccins par la mise à disposition de congélateurs et certains ont proposé leurs services pour en produire sous licence."

Une "très bonne initiative"

L'arrivée imminente d'un vétérinaire au sein du Conseil scientifique avait été évoquée par la presse dès le mois de janvier, notamment dans L'Opinion.

Joint par BFMTV.com, l'épidémiologiste Antoine Flahault salue la nomination de Thierry Lefrançois, estimant qu'il s'agit d'une "très bonne initiative":

"C'est reconnaître l'importance de tout ce que l'on appelle la discipline One Health, qui veut dire que l'interface entre l'homme, l'animal et notre environnement est clé dans la compréhension des maladies émergentes transmissibles comme le Covid-19", estime-t-il.
Clarisse Martin Journaliste BFMTV