BFMTV

Covid-19: Parly reconnaît avoir dit à tort que les militaires de retour de Wuhan avaient été testés

La ministre de la Défense Florence Parly sur le perron de l'Elysée, le 26 août 2020 à Paris

La ministre de la Défense Florence Parly sur le perron de l'Elysée, le 26 août 2020 à Paris - Ludovic Marin © 2019 AFP

Ces 18 militaires avaient participé fin janvier à une mission de rapatriement de citoyens Français à Wuhan, principal foyer de l'épidémie en Chine.

"J’ai juré de dire toute la vérité et donc je me dois de vous dire que j’ai dit quelque chose d’inexact le 4 mars à France 2." L'aveu a pu susciter un certain étonnement. C'était ce mardi, lors de l'audition par le Sénat de la ministre des Armées, Florence Parly, dans le cadre de la commission d'enquête sur la gestion gouvernementale de l'épidémie de Covid-19.

La ministre a reconnu s'être trompée concernant les militaires chargés fin janvier de rapatrier des Français depuis Wuhan, principal foyer de l'épidémie en Chine. Ces militaires, en poste à la base aérienne de Creil, n'ont pas été testés, contrairement à ce qu'elle avait affirmé à l'époque.

Depuis le début de la crise, cette base où 2500 personnes travaillent est soupçonnée d'avoir généré un important "cluster" dans le département de l'Oise. Voire d'être le lieu où se trouvait le "patient zéro" français.

Hypothèse peu probable d'un "patient zéro"

Le 4 mars, Florence Parly affirmait à la télévision que les 18 militaires impliqués dans l'opération "avaient été testés et confinés". C'est là-dessus qu'Olivier Paccaud, sénateur Les Républicains de l'Oise, a relancé la ministre mardi. "Maintenez-vous que ces personnels ont été testés et confinés? N’y a-t-il pas eu négligence dans la façon dont ces militaires ont été traités à leur retour de Wuhan?", lui a-t-il demandé. Réponse de l'intéressée: "C'était un raccourci."

"Ce qui s’est passé, c’est que les équipages ont été soumis à un protocole sanitaire extrêmement strict mais qui, en effet, ne comprenait pas à l’époque de tests (...) N’étant pas médecin, je vous prie d’excuser le caractère un peu raccourci de ma formule" a-t-elle poursuivi.

Sur l'hypothèse de la transmission du virus dans l'Oise à partir de la seule base de Creil, Florence Parly a indiqué qu'elle "était très peu probable". Elle s'est appuyée sur l'enquête épidémiologique de la Santé publique et du service de santé des armées. Évoquant d'abord les mesures de distanciation observées scrupuleusement par les militaires, elle a affirmé que des cas de Covid-19 étaient survenus dans la ville de Crépy-en-Valois "avant de survenir dans la base".

"Non, définitivement non, la base militaire de Creil n'est pas à l'origine d'un cluster dans l'Oise. (...) Je comprends la curiosité des habitants de l’Oise compte tenu de l’importance de la diffusion du virus dans les premières semaines de l’épidémie, (...) je crois pouvoir vous dire que le patient zéro ne se trouvait probablement pas dans la base de Creil", a assuré Florence Parly.

Pas d'intention de cacher selon Attal

Interrogé sur ce sujet ce mercredi lors de son point presse à l'issue du Conseil des ministres, le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal a récusé toute intention de dissimuler. Il a affirmé que, l'événement s'étant déroulé début février, le protocole sanitaire en vigueur n'était pas le même. Les tests n'étaient alors pas systématiques.

Florence Parly "a rappelé que le personnel était muni de blouses et de masques" et qu'il y avait eu un "contrôle de température deux fois par jour au retour", a défendu Gabriel Attal. "Elle a reconnu hier s'être trompée, ça peut arriver à tout le monde", a-t-il ajouté.

Jules Pecnard Journaliste BFMTV