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Coronavirus: derrière le hashtag #JeNiraiPasVoter, ils boudent les élections municipales

Une femme désinfecte la porte dans un bureau de vote de Bordeaux

Une femme désinfecte la porte dans un bureau de vote de Bordeaux - Nicolas Tucat - AFP

Des internautes racontent sur Twitter pourquoi ils ont décidé de ne pas aller voter, ce dimanche, pour le premier tour des élections municipales, maintenues malgré la pandémie de coronavirus.

Le corps électoral est appelé aux urnes, ce dimanche, pour les élections municipales malgré la pandémie de coronavirus. Une décision controversée, alors que d'importantes mesures de confinement ont été prises par le gouvernement français, notamment la fermeture de tous les établissements scolaires et des lieux jugés "non indispensables" à la vie quotidienne

Sur Twitter, avec le hashtag #JeNiraiPasVoter, des internautes font part de leur mécontentement et dénoncent le paradoxe entre les injonctions à rester confiné chez soi et à se rendre dans un bureau de vote. 

"Pour la première fois et de façon délibérée, depuis 37 ans que je vote, je n'irai pas", raconte Laurent, avant d'interpeller le Premier ministre Edouard Philippe: "Pourquoi nous inviter à des mesures de distanciation et maintenir un scrutin qui pourrait se tenir dans deux ou trois mois?"

Matthieu témoigne d'une décision plus difficile encore: assesseur, il a décidé de rester chez lui ce dimanche.

"Je ne remplirai pas ma fonction d'assesseur et je n'irai pas voter", témoigne-t-il. "C'est une première pour moi. J'ai voté à toutes les élections depuis ma majorité."

D'autres partagent simplement le tweet de Rémi Salomon, président de la commission médicale d'établissement de l'AP-HP, le regroupement des hôpitaux parisiens. ""N'allez pas voter! Il faut dès maintenant appliquer le confinement maximum", explique-t-il.

Polémique autour du matériel médical

Certains internautes regrettent également que du matériel désinfectant et des masques soient mis à disposition pour les élections et pas assez pour les besoins du personnel soignant. 

"Les masques et gels devraient permettre aux personnels soignants de combattre la pandémie pas d'organiser une élection inutile", écrit Mehdi. 

"Dans les bureaux de vote, il y a des gels hydro-alcooliques, des masques, alors que dans beaucoup d'établissements de santé, au sens large, il n'y en a pas ou si peu", renchérit une utilisatrice du réseau social.

A la mi-journée, le taux de participation à 18,38% était bien inférieur à celui de 2014, qui dépassait les 23%, lors des dernières élections municipales.

Camille Sarazin