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Corbière dénonce la "complaisance" du gouvernement, "inactif face à 200 fascistoïdes" dans les Alpes

Alexis Corbière à l'Assemblée nationale le 16 janvier 2018.

Alexis Corbière à l'Assemblée nationale le 16 janvier 2018. - Eric FEFERBERG / AFP

Le député de la France insoumise a dénoncé une "folie identitaire" après l'action menée samedi et dimanche par le groupuscule d'extrême droite Génération identitaire sur le col de l'Echelle, dans les Alpes.

Invité de France Inter ce lundi, Alexis Corbière a dénoncé l'attitude du gouvernement sur les questions migratoires, dénonçant à la fois la loi asile et immigration adoptée dimanche soir à l'Assemblée, et son "inaction" face à l'action anti-migrants menée dans les Hautes-Alpes par Génération identitaire, le groupuscule d'extrême droite.

"Le macronisme fait de la sale besogne (...) il se place sur un terrain de droite dure, sans doute d’extrême droite, en participant à cette folie identitaire, qui à mon avis est totalement à côté de la plaque", a estimé le député de la France insoumise.

"Un petit goût d'années 30"

Il a ensuite estimé qu'on ne réglait pas les problèmes migratoires "avec des barbelés ou des gesticulations".

"Voire pire, en restant inactif face à 200 fascistoïdes dans les Alpes", a-t-il ajouté.

Samedi et dimanche matin, des militants de Génération Identitaire, groupuscule adepte des actions spectaculaires, ont bloqué le col de l'Échelle culminant à 1.762 mètres à six kilomètres de la frontière italienne et qu'ils considèrent comme un "point stratégique de passage des clandestins". Dimanche, une centaine de militants pro-migrants français et italiens ont franchi la frontière en réaction, avec une trentaine de migrants.

Ce n'est que dimanche soir que Gérard Collomb a réagi, annonçant l'envoi de renforts de police et de gendarmerie "importants" sur les lieux, et renvoyant dos-à-dos les militants d'extrême droite et les pro-migrants. 

Une "complaisance préoccupante"

"Il y a un petit goût d’années 30, de ligue qui commence à s’organiser pour se substituer à la police", a poursuivi Alexis Corbière, dénonçant les actions menées par des groupuscules d'extrême droite à Marseille notamment.

"Ils paradent, tous ces gens, et je trouve que le gouvernement est parfois beaucoup plus dur contre les zadistes qui plantent des poireaux ou qui occupent un espace avec des projets d’agriculture alternative, plutôt que ces milices qui pour l’instant pétaradent avec des survêtements Décathlon, mais pourquoi pas demain avec des bâtons? Il y a là une complaisance qui est préoccupante", a-t-il martelé.

Charlie Vandekerkhove