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Contre les islamistes, les ténors de droite prônent des mesures radicales

Laurent Wauquiez lors d'un meeting le 14 février 2016.

Laurent Wauquiez lors d'un meeting le 14 février 2016. - LIONEL BONAVENTURE-AFP

Deux jours après le double-assassinat de Magnanville, les grandes figures de la droite ont tenu le haut de l'affiche médiatique. Elles ont proposé un arsenal de nouvelles mesures pour contrer la menace djihadiste. Parmi elles, on trouve souvent en bonne place la question de l'internement des personnes radicalisées dans des centres de rétention.

A la radio, à la télévision, dans les journaux... l’assassinat du couple de policiers par Larossi Abballa lundi soir était encore partout. Et deux jours plus tard les ténors de l’opposition ont réclamé de nouvelles mesures en demandant des comptes à l’exécutif quant à son action depuis les attentats de 2015.

Au centre des débats on trouve à nouveau la question de l’enfermement des fichés S pour islamisme dans des centres de rétention au titre d’un simple "principe de précaution", comme le décrivait le député Eric Ciotti et donc sans condamnation judiciaire préalable.

Alain Juppé vote pour l'assignation à résidence

L’ancien Premier ministre de Jacques Chirac en 1995 et candidat à la primaire, Alain Juppé, soulève cet enjeu sur RTL. Il ne reprend pas vraiment à son compte le principe des centres de rétention et a préféré mettre en avant les assignations à résidence:

"Il faut cibler les personnes fichées S pour lesquelles on a des raisons sérieuses de penser qu’il y a une connexion avec le djihadisme et les mettre en résidence surveillée en se donnant les moyens de les surveiller. Il faut par exemple que les 5.000 policiers supplémentaires déployés sous l’état d’urgence soient affectés à cette tâche." 

Une seule solution, les centres de rétention pour Laurent Wauquiez 

Laurent Wauquiez, président (LR) de la région Auvergne-Rhône-Alpes, se penchait sur le micro de Jean-Jacques Bourdin sur BFMTV. Il aborde le sujet avec moins de nuance. Très offensif, il donne sa feuille de route:

"Ca veut dire qu'il était identifié, les forces de renseignement avaient fait le travail, sauf qu'on a un arsenal législatif qui n'en tire aucune conséquence. On a 13.000 individus fichés S (en France, Ndlr). Je réclame depuis sept mois qu'ils soient placés en centre d'internement avant qu'ils ne passent à l'acte et que ça nous permette de les isoler tout de suite avant d’évaluer leur degré de dangerosité."

Rétention et déchéance pour Wauquiez

Le chiffre de 13.000 personnes fichés S cité par Laurent Wauquiez est en réalité plus proche de 10 à 11.000 individus et par ailleurs ne concerne pas les seuls individus soupçonnés de sympathie djihadiste. De plus, interner une personne, même fichée S, à titre préventif est à ce jour strictement interdit par la loi: "Une loi ça se change", évacue, lapidaire, Laurent Wauquiez. 

Et s’agissant des terroristes condamnés pour leurs crimes? Laurent Wauquiez est là aussi partisan de la manière forte. Il souhaite la mise en place "d’une peine de sûreté automatique, au moins en partie incompressible", l’interdiction du territoire pour les étrangers, et…remet l’option de la déchéance de nationalité pour les binationaux sur la table.

Fillon: "Le juge doit pouvoir priver quelqu'un de liberté"

François Fillon, invité d’Europe 1 ce 15 juin, emprunte lui des sentiers plus balisés et s’en tient au Code pénal:

"Il faut que toute personne revenant en France après être allé en Syrie soit arrêté, interrogé et passé devant un juge. il y a des dispositions du code pénal qui doivent être employées aujourd’hui pour permettre cela. A partir du moment où il y a intelligence avec l’ennemi, le juge doit pouvoir priver quelqu’un de liberté."

Les centres de rétention ne retiennent pas en revanche le suffrage de l’ex-chef de gouvernement de Nicolas Sarkozy et à présent candidat à la primaire de la droite et du centre: "Il ne faut pas créer de Guantanamo en France et il ne faut pas mettre dans des camps de rétention des milliers de personnes sans aucun discernement, ce n’est pas la solution. La solution est l’application stricte du code pénal. Il faut maintenir l’état de droit tout en étant plus sévère." 

R.V