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Confidences de Hollande: livre-brûlot ou livre-boulet?

Le chef de l'Etat François Hollande, dimanche 29 novembre 2015 à Bruxelles.

Le chef de l'Etat François Hollande, dimanche 29 novembre 2015 à Bruxelles. - Thierry Charlier - AFP

Les confidences du président de la République recueillies par deux journalistes du Monde fascinent et agacent. Pour la plupart des éditorialistes, la "Hollandie" n'en sort pas grandie.

Le livre de confidences de François Hollande, qui paraît jeudi, fait le bonheur de la presse à défaut de remporter son adhésion. La "communication de gribouille" du chef de l'Etat déconcerte les observateurs.

"Presque 700 pages, nourries par 61 entretiens tout au long du quinquennat, dans lesquelles il commente (beaucoup) son action, se livre (un peu) et multiplie les piques", rendent compte Les Echos à propos de l'ouvrage de deux reporters du Monde issu de conversations avec le président de la République. Le Parisien revient largement sur "ces pages qui ébranlent la Hollandie" et rapporte les jugements sévères des socialistes eux-mêmes: "consternant", "horrible", "pitoyable".

Les avis des éditorialistes ne sont pas loin d'être aussi accablants. A droite, Le Figaro estime qu'"en voulant jouer le jeu d'une présidence transparente, François Hollande n'est parfois pas loin d'exposer une présidence indécente à force d'être bavarde".

A gauche, L'Humanité voit dans ces confidences "un nouveau jackpot pour Marine Le Pen et son 'tous pourris'". "Parlant comme un journaliste aux journalistes, le chef de l'Etat brode avec la vérité. Il construit son bilan sans se soucier de la réalité, raconte une histoire sans rapport avec ce que l'Histoire nous dit du quinquennat", assène L'Opinion.

Livre-brûlot ou livre-boulet?

Certes, "on n'attend pas de nos responsables qu'ils soient 'sympathiques' dans leur vie privée" mais "préoccupés (...) par les défis que la société française doit affronter", fait valoir La Croix.

La presse régionale n'est pas moins sévère que sa consœur nationale. Pour le Midi libre, "ce livre censé donner l'envol de sa précampagne pourrait n'être qu'un boulet". Sud Ouest, juge que "ce président qui parle trop n'est plus audible" et que "ce candidat qui perce déjà sous le président n'est pas encore crédible".

"Ahurissante! La communication de gribouille du président de la République, presque candidat à sa succession, donne une piètre image de l'exercice de la politique", se désole L'Union/L'Ardennais. Alors, au moment où l'actualité politique française est dominée par la primaire de la droite, avec un premier débat télévisé entre tous les prétendants jeudi soir, La Presse de la Manche constate que "le président réussit ainsi à occuper le devant de la scène. Mais ce n'est pas à son avantage".

David Namias avec AFP