BFMTV

Cazeneuve et Le Roux: un remaniement a minima qui honore les fidèles de Hollande

Bernard Cazeneuve a été nommé Premier ministre et Bruno Le Roux ministre de l'Intérieur.

Bernard Cazeneuve a été nommé Premier ministre et Bruno Le Roux ministre de l'Intérieur. - Bertrand Guay; Geoffroy van der Hasselt; AFP - Montage BFMTV

François Hollande a nommé Bernard Cazeneuve à la tête du gouvernement ce mardi matin. L'ancien Premier ministre a lui-même nommé Bruno Le Roux pour lui succéder à Beauvau. Un remaniement limité mais symboliquement chargé, puisqu'il célèbre les fidèles du président.

Pour sa première mission en tant que Premier ministre, Bernard Cazeneuve a nommé son successeur à l'Intérieur: Bruno Le Roux. Le nouveau chef du gouvernement s'est entretenu ce matin avec le président de la République pour recevoir sa nomination, et dans la foulée, pour décider d'un remaniement a minima incluant un nouveau ministre et deux nouveaux secrétaires d'Etat.

Cette nomination à Beauvau est le résultat d'un calcul précis, car le ministre de l'Intérieur de ce qui sera sans doute le dernier gouvernement Hollande doit être quelqu'un qui ait la confiance du chef de l'Etat, qui ait les compétences et qui soit reconnu. Quelqu'un qui soit aussi disponible immédiatement, étant donné l'implication de ce ministère dans un contexte de menace terroriste et d'état d'urgence.

Le Roux, ancien porte-parole et éternel porte-drapeau de Hollande

Mais cette nomination, couplée à celle de Bernard Cazeneuve à Matignon, est surtout chargée symboliquement: le mini-remaniement qui s'est joué ce mardi a mis à l'honneur deux soutiens indéfectibles du président. D'après nos informations, c'est d'abord François Rebsamen, autre membre du cercle rapproché du président, qui aurait reçu la proposition, mais il l'aurait refusée.

"Les fidèles ont été récompensés", a résumé Thierry Solère, qui présidait le comité d'organisation de la primaire à droite, réagissant ce mardi à ces nominations, interrogé par BFMTV. "Un beau cadeau de Noël" pour Bruno Le Roux, a renchéri Dominique Bussereau, le député LR de Charente-Maritime.

Fidèle parmi les fidèles, Bruno Le Roux, député de Saine-Saint Denis et chef de file des socialistes à l'Assemblée nationale depuis le début du quinquennat, a toujours défendu sans vaciller le bilan de François Hollande. Début novembre, quand d'autres critiquaient les confidences du chef de l'Etat dans le livre de Gérard Davet et Fabrice Lhomme, lui évoquait dans un texte publié sur son blog un président "décidé et tenace", et "un ami depuis plus de vingt ans" dont il a été le porte-parole lors de la campagne présidentielle de 2012.

Spécialiste des questions de sécurité

Comme le souligne l'entourage de François Hollande ce mardi, Bruno Le Roux est "un élu extrêmement expérimenté, connaissant très bien les questions de sécurité sur lesquelles il a travaillé tout au long de sa carrière". 

Agé de 51 ans, il a été pressenti pour obtenir un poste à chaque remaniement, dont en 2014 pour remplacer Manuel Valls à l'Intérieur, sans jamais l'obtenir jusque-là. Il a rejoint le Parti socialiste en 1989, avant de devenir l'année suivante le directeur adjoint du cabinet de Pierre Mauroy, alors Premier secrétaire.

Un homme de confiance succède donc à un autre, Bernard Cazeneuve, avocat de formation âgé de 53 ans, qui a lui aussi toujours fait preuve d'une fidélité indéfectible à François Hollande, est aussi un excellent connaisseur des questions budgétaires, européennes et de défense.

Confiance et expérience

"L'objectif était d'avoir un gouvernement rapidement opérationnel, avec des hommes et des femmes d'expérience, la plupart restant à leur poste", a souligné un proche du chef de l'Etat, insistant sur la "forte cohésion, la forte cohérence" de la nouvelle équipe.

Des femmes et des hommes, précise-t-on, sans même si les deux femmes ministres pressenties pour ce remaniement n'ont pas été effectivement nommées. Ses "priorités", ajoute-t-on, seront "la lutte contre le terrorisme, la sécurité, la baisse du chômage, la défense des intérêts de la France dans le monde et en Europe".

Parmi les autres nominations annoncées: celle d'André Vallini, décidée par le nouveau Premier ministre, comme le veut la coutume. Nommé secrétaire d'Etat auprès du Premier ministre, il est chargé des relations avec le Parlement et échange son poste avec Jean-Marie Le Guen, nouveau secrétaire d'Etat chargé du Développement et de la Francophonie.

Charlie Vandekerkhove avec AFP