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CARTE INTERACTIVE - Comment votent les Parisiens aux élections présidentielles?

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- - Geoffroy Van Der Hasselt / AFP

Aux élections présidentielles, comme lors des autres scrutins, la capitale est coupée en deux. L'est de la ville est clairement à gauche et l'ouest résolument à droite.

Les Parisiens s'apprêtent ce dimanche à se rendre dans les 896 bureaux de vote de la capitale pour le premier tour de l'élection présidentielle. A eux seuls, ils représentent 5% de l'électorat national et pèsent donc un certain poids dans le résultat final. Mais dans les urnes, les électeurs parisiens sont divisés. 

Que ce soit à la présidentielle de 2007 ou de 2012, on observe une nette frontière électorale entre l'ouest, plutôt bourgeois, ancré à droite, et un nord-est plus populaire, de sensibilité de gauche. Dans le détail, trois arrondissements de l'ouest parisien semblent invariablement acquis à la droite: les VIIe, VIIIe et XVIe arrondissements.

Ces constatations sont semblables lorsque l'on se penche sur les élections régionales de 2015: ces trois arrondissements particuliers ont massivement voté à droite (entre 71 et 78%) pour la liste emmenée par Valérie Pécresse, élue présidente de la région Ile-de-France.

Les arrondissements de l'est parisien (Xe, XIe, XVIIIe, XIXe et Xe) ont, au contraire, voté pour les candidats de gauche lors des deux dernières élections présidentielles. En 2012, 70% des électeurs du XVIIIe arrondissement ont ainsi opté pour François Hollande contre 36% pour Nicolas Sarkozy. Ils étaient déjà 64% à avoir choisi Ségolène Royal en 2007 contre 30% pour le candidat de droite.

Des arrondissements indécis

Lorsque l'on se penche sur l'écart de points au second tour des deux dernières élections présidentielles, on constate par ailleurs que certains arrondissements semblent indécis, contrairement à d'autres qui ont fait preuve d'une adhésion massive à un candidat (80% pour les sarkozystes du XVIe en 2007, 71% pour les hollandais du XXe en 2012). 

Lors de la dernière élection, 57% des électeurs du IIe arrondissement ont ainsi voté pour Nicolas Sarkozy alors même qu'ils n'étaient "que" 46% en 2007. La même année, les électeurs des IVe, Ve, IXe et XIIe ont voté à part quasi égale pour Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy mais ont basculé en faveur de François Hollande en 2012.

L'adhésion électorale liée au niveau de vie

D'après une projection géographique des résultats du 1er tour de l'élection présidentielle de 2007, réalisée lors d'une étude de la revue Métropolitiques, il apparaît clairement une corrélation entre les facteurs socio-démographiques - niveau d'études, fortune personnelle, carrière professionnelle - et la coloration politique des bureaux de vote. Ainsi, les électeurs ayant massivement voté pour Nicolas Sarkozy dès le premier tour (60% dans les trois arrondissements pré-cités) en 2012 sont souvent des citadins quinquagénaires ou plus, retraités ou au sommet de leur carrière, diplômés de l'enseignement supérieur et issus de professions dites intellectuelles, assorties à de hautes rémunérations, et propriétaires de leur logement.

Dans le même temps, les Parisiens de l'est et du nord votent plus favorablement à gauche. Les habitants de ces zones de centre-est ont souvent moins de quarante ans, sont actifs ou étudiants, en poste de cadres et locataires. Eu égard au phénomène dit de "gentrification", ces quartiers voient cohabiter des groupes sociaux disparates, mis en évidence par de grandes inégalités économiques. La part d'abstention, de vote blanc ou nul est, par ailleurs, plus forte dans les quartiers les plus au nord.

Mathilde Joris avec Emeline Gaube