BFMTV

Cahuzac-Bernheim: les Français retiennent surtout le mensonge

Jérôme Cahuzac et l'ancien grand rabbin de France Gilles Bernheim

Jérôme Cahuzac et l'ancien grand rabbin de France Gilles Bernheim - -

Alors que les affaires se multiplient, trois Français sur quatre disent ne pas avoir confiance dans les responsables politiques. Des mensonges de plus en plus sanctionnés par l'opinion publique.

Après les aveux de l'ancien ministre du Budget Jérôme Cahuzac, sont venus ensuite ceux du grand rabbin de France, Gilles Bernheim. Deux scandales coup sur coup qui finissent par avoir de sérieuses répercussions sur l'opinion publique. En effet, 55% des Français pensent que les politiques sont corrompus, selon un sondage CSA pour BFMTV publié jeudi. Et trois Français sur quatre déclarent même ne pas avoir confiance en eux, rapporte une autre étude de YouGov pour le HuffingtonPost.fr et i-Télé. Des mensonges qui sont donc de plus en plus sanctionnés. Explications.

L'éthique, valeur en hausse

Pour les analystes, le mensonge, en particulier venant des élites, est devenu insupportable pour les Français. "La valeur qui progresse dans les enquêtes d’opinion ces dernières années, c’est précisément cette aspiration au respect, à une éthique", indique François Miquet-Marty, sociologue et président de l'institut Viavoice. "Les premières personnalités dont on attend le respect de l’éthique, ce sont les dirigeants, ceux qui portent l’image de la société française", ajoute-t-il.

Et en période de crise, cette valeur devient légitime pour le citoyen français. "Prenons l'exemple d'un chômeur qui ment, il risque de perdre ses indemnités. Les gens ont donc le sentiment d’être astreints à des règles fortes alors que les élites peuvent ne pas respecter la règle", analyse le spécialiste.

Le droit de savoir

Les Français sont donc plus exigeants. De plus, traquer les mensonges de leurs représentants est devenu plus facile grâce aux réseaux sociaux et à la multiplication des médias. Mais c'est surtout une évolution du rapport à la vie privée. De nos jours, cacher l'état de santé d'un président, comme cela a pu être le cas avec François Mitterrand, relève de l'exploit. 

François Jost, sociologue spécialiste des médias, l'explique: "La vie privée d’un président avant, c’était une barrière que l’on n’avait pas le droit de dépasser. Alors qu’aujourd’hui, les gens ont l’impression d’avoir le droit de savoir ce qu’il se passe dans la tête des gens et d’exiger ainsi la vérité".

Mais attention, trop de transparence peut aussi être néfaste à la société en confondant mensonge d'état et secret d'état, soulignent par ailleurs certains observateurs.

M.G. avec Kelly Laffin