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Buzyn répond à Guillaume: "L'alcool est, quel qu'il soit, la deuxième cause de mortalité en France"

Agnès Buzyn, à l'Elysée, le 3 octobre 2018.

Agnès Buzyn, à l'Elysée, le 3 octobre 2018. - LUDOVIC MARIN / AFP

Agnès Buzyn a appelé, ce vendredi, sur Franceinfo, à ne pas banaliser la consommation d'alcool. Elle réagissait aux déclarations de son homologue de l'Agriculture, Didier Guillaume, pour qui le vin n'est pas "un alcool comme les autres".

"On ne peut pas banaliser la consommation d'alcool", a assuré, ce vendredi sur Franceinfo, Agnès Buzyn, ministre de la Santé. Elle réagit aux propos tenus mercredi, sur BFMTV, de son homologue de l'Agriculture, Didier Guillaume, pour qui le vin n'est pas "un alcool comme les autres".

L'alcool "tue en France près de 50.000 personnes, et ce n'est pas que (du fait) des boissons alcoolisées fortes", a-t-elle précisé.

"Si le vin fait partie de notre patrimoine, et qu'en cela on peut considérer qu'il n'est pas un alcool comme un autre et qu'il fait partie de la culture nationale, la molécule d'alcool contenue dans le vin est exactement la même que celle contenue dans n'importe quelle boisson alcoolisée", a affirmé la ministre, indiquant en avoir discuté avec son collègue.

Poids des lobbys viticoles

Interrogée sur le poids des lobbys viticoles, elle a estimé qu'"il y a du lobbying partout, et des intérêts partout, dans le monde du tabac, de l'alcool... Le devoir d'un politique est de décider ce qui est bon pour les Français, le seul intérêt est l'intérêt général".

A propos de la position du président Emmanuel Macron sur la question, elle a répondu: "Ça ne m'empêchera pas d'informer les Français qu'il est nécessaire de réduire sa consommation d'alcool. L'alcool est, quel qu'il soit, la deuxième cause de mortalité en France". 

En marge du Salon de l'agriculture de l'an dernier, Emmanuel Macron avait annoncé qu'il n'y aurait pas de durcissement de la loi Evin.

Tollé parmi les médecins

Le ministre de l'Agriculture avait jugé, mercredi sur BFMTV, que le vin n'est pas "un alcool comme les autres". "L'addiction à l'alcool est dramatique (...) mais je n'ai jamais vu, malheureusement peut-être, un jeune qui sort de boîte de nuit et qui est saoul parce qu'il a bu du Côtes-du-rhône", avait-il ajouté.

Ces propos ont soulevé un tollé parmi les médecins, qui avaient déjà fortement critiqué le nouveau plan gouvernemental sur les addictions, dépourvu de mesures concrètes contre l'alcool.

Clémentine Piriou avec AFP