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Bondy: battue, la maire sortante dénonce une "élection volée" et dépose un recours

Battue de seulement 64 voix au second tour par la droite, l'ex-maire socialiste Sylvine Thomassin va déposer un recours. Elle dénonce une "élection volée" mais aussi "une campagne sale".

Avec seulement 64 voix d'écart, la maire socialiste de Bondy, en Seine-Saint-Denis, a été battue dimanche lors du second tour des élections municipales par Stephen Hervé, candidat de la droite. Mais Sylvine Thomassin pointe aujourd'hui du doigt une "campagne sale" et des méthodes employées par ses adversaires "qui contreviennent complètement aux dispositions du code électoral", a-t-elle expliquée à BFM Paris ce jeudi. L'édile battue a donc décidé de déposer un recours devant le tribunal administratif pour tenter de faire annuler l'élection de son opposant.

"Je suis tout sauf une mauvaise perdante", a assuré Sylvine Thomassin. "Si ça avait été projet contre projet et que les Bondynois avaient voté sans qu'il y ait de tambouille électorale, je serais en train de retourner dans mes montagnes", a-t-elle ajouté. Mais aux yeux de la maire, elle a été victime d'un torpillage et d'une campagne de diffamation à son encontre.

"Tout a été fait depuis maintenant un an pour que l'alliance de gauche que je porte - les socialistes, les communistes, les écologistes, Génération.s, PRG - soient torpillées", a-t-elle fait valoir.

Selon elle, de nombreuses forces politiques, de la droite à La République en Marche en passant même par son prédécesseur socialiste, le sénateur Gilbert Roger, se sont alliées dans le but de la décrédibiliser. "Au sein même de mon parti, on m'a mis des personnes qui avaient pour seule ambition la leur et celle de détruire", déplore Sylvine Thomassin.

"Insultes", "menaces", "procurations douteuses" et "faux profils Facebook"

"Je vous assure que la série Baron Noir n'est rien du tout à côté de ce que j'ai vécu depuis des années à Bondy", poursuit la candidate malheureuse, qui explique également avoir été victime "d'insultes, de menaces", même de la part de certains de ses colistiers.

"Il y a eu un article du Parisien, tronqué et donc uniquement à charge, publié deux jours avant l'élection et photocopié à des milliers d'exemplaires, placardé dans toute la ville illégalement sur les arrêts de bus, dans le RER, sur les voitures, dans les boîtes aux lettres, jusqu'au dimanche alors que la campagne s'arrêtait le vendredi à minuit", dénonce également Sylvine Thomassin.

La maire battue assure par ailleurs que "des procurations douteuses" ont été établies, que "des colis alimentaires ont été distribués par des colistiers d'opposition dans des voitures à l'affiche du candidat" et que "de nombreux faux profils Facebook" ont été créées "tous les jours, pour me diffamer".

"J'étais la cible à abattre", conclue l'ancienne maire, qui doit désormais attendre la décision du tribunal administratif, chargé d'accepter ou de rejeter son recours.

Juliette Mitoyen Journaliste BFM Régions