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Bernard Tapie n'aurait pas été lésé dans la vente d'Adidas en 1993

Bernard Tapie le 10 juillet lors d'un débat télévisé à Paris.

Bernard Tapie le 10 juillet lors d'un débat télévisé à Paris. - Fred Dufour - AFP

Selon un rapport de police, Bernard Tapie n'aurait pas été lésé dans la revente d'Adidas au Crédit Lyonnais en 1993. L'arbitrage qui a été rendu en sa faveur n'aurait donc pas lieu d'être. Or, 403 millions d'euros ont été versés à l'ancien homme d'affaire à titre de dédommagement.

Bernard Tapie a-t-il vraiment été lésé dans la revente d'Adidas au Crédit lyonnais en 1993, comme il l'a toujours affirmé? Cette hypothèse est remise en question par un rapport de police révélé par Le Monde et qui dément la version de l'homme d'affaires.

"Les faits ayant pu être établis par les investigations ne permettent pas de donner crédit à la thèse de monsieur Tapie et aux conclusions des arbitres", écrivent les enquêteurs dans un rapport daté du 9 juillet 2014.

"C'est un rapport qui tient la route", estime Gérard Davet. Le journaliste, du Monde qui s'est procuré le document de 37 pages, raconte que le commandant de police Yves-Marie L'Hélias travaille depuis 20 ans sur Bernard Tapie.

"Il faut connaître Bernard Tapie. C'est un personnage qui fait preuve d'un entrisme incroyable avec un bagou à toute épreuve, donc il peut parfaitement avoir convaincu le pouvoir politique de ses thèses", explique le reporter.

Si Bernard Tapie n'a pas été lésé, cela signifierait que l'arbitrage en sa faveur, à l'issue duquel il avait reçu 403 millions d'euros de dédommagements, ne serait pas fondé. Et qu'il a donc perçu cette somme indûment. L'arbitrage, qui date de 2007, est d'ailleurs scruté de près par la justice: Bernard Tapie et Christine Lagarde, alors ministre des Finances, ont tous deux été mis en examen, l'un pour "escroquerie en bande organisée", l'autre pour "négligence".

Tapie réplique

"Je ne répondrai pas à ce rapport bidon, fait sur mesure, fait sur commande", a affirmé Bernard Tapie à BFMTV. Sur France Info, il a également ajouté que "ce ne sont pas les policiers qui font la justice".

Bernard Tapie a toujours affirmé que la revente d'Adidas s'était faite à son insu. Après deux ans d'enquête, les conclusions de la police indiquent que "les investigations conduites (…) ont permis de déterminer que Bernard Tapie avait été pleinement associé aux opérations" dans la vente d'Adidas. Quant à l'arbitrage, "le raisonnement des arbitres reposait sur des documents non conformes à la réalité", selon le même document cité par Le Monde.

A. K. avec Sarah-Lou Cohen