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Atteintes à la laïcité: Attal regrette les "décennies" où la France "a décidé de mettre ça sous le tapis"

Invité de BFM Politique, le porte-parole du gouvernement a reconnu que la montée du communautarisme dans les établissements scolaires était un problème ancien.

À l'instar du gouvernement qu'il représente, Gabriel Attal veut que la mort tragique de Samuel Paty soit l'occasion d'un "réveil républicain". Le problème des atteintes à la laïcité dans les écoles est toutefois considérable.

"Des professeurs ont peur de la réaction de leurs élèves dans les endroits les plus difficiles, et peuvent s'autocensurer", constate le porte-parole du gouvernement, invité ce dimanche de BFM Politique.

Ce phénomène n'est "pas acceptable" mais, Gabriel Attal le craint, il pourrait s'accentuer après la décapitation de l'enseignant de Conflans-Sainte-Honorine, coupable aux yeux de son assaillant d'avoir montré une caricature de Mahomet à ses élèves. Le ministère de l'Éducation nationale, de son côté, a comptabilisé 935 cas d'atteinte à la laïcité dans les établissements scolaires entre septembre 2019 et mars 2020.

Aveuglement?

Confronté à ces chiffres, ainsi qu'au fait que le rapport de Jean-Pierre Aubin sur le sujet, publié en 2004 et qui alertait déjà sur la montée du communautarisme au sein de l'école, Gabriel Attal a reconnu à demi-mot que la France avait échoué face à ce défi.

"Il y a des années, peut-être des décennies, où notre pays, d'une certaine manière, a décidé de mettre ça sous le tapis, voilà. Je jette la pierre à personne, mais c'est un fait", a-t-il lâché.

Et le porte-parole du gouvernement d'ajouter que la publicité des chiffres actuels, certes alarmants, était censée permettre de mieux affronter le problème.

"Quand vous avez aujourd'hui un élève qui se bouche les oreilles en cours de musique pour pouvoir chanter des sourates (du Coran), quand vous avez des enfants dont les parents organisent une éviction des cours de natation et de la piscine avec des faux certificats médicaux, tout ça, ça remonte", assure Gabriel Attal.

"Commencer dès l'école primaire"

D'après celui qui fut un temps secrétaire d'État à l'Éducation nationale, "il faut commencer dès l'école primaire".

"Quand vous regardez les rapports qui sont faits maintenant sur ces questions d'atteinte aux valeurs de la République, à la laïcité, vous voyez que dès l'école primaire, vous avez des situations" problématiques, affirme-t-il.

S'il ne prétend pas que ce gouvernement a "réglé tous les problèmes en deux ans, évidemment", Gabriel Attal assure que l'Éducation nationale est dotée aujourd'hui de meilleurs outils pour combattre la montée du communautarisme à l'école. Il reste néanmoins beaucoup à faire dans l'apprentissage de ce qu'est la liberté d'expression et de caricaturer.

"Il faudra qu'il se passe quelque chose de spécifique et d'historique à la rentrée scolaire après les vacances de la Toussaint, c'est certain", prévient-il.
Jules Pecnard Journaliste BFMTV