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Attaque à Strasbourg: pour Belloubet, "pas besoin" de déclencher l'état d'urgence

Nicole Belloubet, dans la cour de l'Elysée le 10 octobre 2018.

Nicole Belloubet, dans la cour de l'Elysée le 10 octobre 2018. - Eric FEFERBERG / AFP

Après la fusillade à Strasbourg mardi soir, qui a fait 3 morts et 13 blessés, l'auteur présumé des faits est toujours en fuite.

Nicole Belloubet, la garde des Sceaux, a estimé ce mercredi que la France pouvait "réagir" après l'attaque de Strasbourg qui a fait trois morts la veille, "sans avoir à déclencher l'état d'urgence", une mesure d'exception. "Je pense que nous pouvons être à la hauteur des événements sans pour autant déclencher l'état d'urgence", a déclaré la ministre de la Justice sur Public-Sénat. Ce régime d'exception avait notamment été mis en place après les attentats jihadistes de Paris en novembre 2015.

"Les lois adoptées récemment par notre gouvernement permettent de déployer un certain nombre de mesures qui nous ont permis d'éviter jusqu'à présent au moins six attentats", a souligné Nicole Belloubet. La France a été placée en "urgence attentat", ce qui permet d'effectuer des "contrôles d'identité renforcés" et une "surveillance renforcée des marchés de Noël partout en France pour éviter un éventuel mimétisme", a indiqué la ministre. En outre, la section antiterroriste du parquet de Paris a été saisie

Fiché S depuis 2016

Le tireur est toujours en fuite. "C'est quelqu'un qui a été condamné à de nombreuses reprises pour des faits de droit commun. Il a effectué en France deux peines de prison de deux ans chacune. Il est sorti de prison il y a trois ans", a détaillé Nicole Belloubet. L'auteur présumé des faits, un Français de 29 ans né à Strasbourg, est fiché S depuis 2016.

Sur le retour de l'état d'urgence, la ministre s'y était déjà opposée début décembre, après les violences commises à Paris lors d'une manifestation des "gilets jaunes". Réclamé par des syndicats policiers, le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner ne l'avait pas forcément exclu. Compte tenu de l'"événement dramatique" de Strasbourg et des "réponses apportées par le président de la République" aux revendications des "gilets jaunes", Nicole Belloubet a par ailleurs considéré que "le mouvement (devait) cesser".

VA