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Arnaud Montebourg condamné pour injures

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Arnaud Montebourg, le ministre du Redressement productif, a été condamné mercredi à 1 euro de dommages et intérêts pour avoir injurié les ex-dirigeants de SeaFrance en 2011. Nadine Morano réclame sa démission, mais pour le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, il n'en est pas question.

Arnaud Montebourg a été rattrapé mercredi par des propos prononcés à la rentrée 2011, alors qu'il n'était pas encore membre du gouvernement.
En septembre dernier, l'actuel ministre du Redressement productif avait publiquement injurié les anciens membres de la direction de SeaFrance: il avait traité d'« escrocs » Pierre Fa, Katherine Burro-Fleta, Jean-Claude Dechappe, Jean-Luc Drugeon et Vincent Launay.
A l'époque en campagne pour la primaire socialiste, Arnaud Montebourg s'exprimait en marge d'une visite dans les locaux du Syndicat maritime nord CFDT, à Calais. Il avait alors déclaré: « On parle souvent de patrons voyous, là il s'agit d'une entreprise publique, c'est curieux... On ne fera pas de miracle, mais on peut dire à la SNCF que s'ils sont des incapables et qu'ils ont mis des escrocs à la tête de SeaFrance, ils vont l'aider à se relever ». SeaFrance, dernière compagnie française à relier Calais et Douvres, avait été placée en liquidation définitive le 9 janvier dernier, après plusieurs semaines d'incertitude sur son avenir.

1 euro de dommages et intérêts

Mercredi, le Tribunal de grande instance de Paris a condamné Arnaud Montebourg à verser 1 euro de dommages et intérêts aux 5 ex-dirigeants de la compagnie de ferries, retenant le terme « escrocs » comme une injure. Le ministre du gouvernement Ayrault devra aussi payer 3 000 euros au titre des frais de justice et faire publier sa condamnation dans La Voix du Nord. Le quotidien régional avait publié les propos du député PS le 27 septembre.
Dans sa décision rendue mercredi, la 17e chambre civile du Tribunal de grande instance de Paris n'a pas retenu dans l'injure les termes d'« incapables » et de « patrons voyous », prononcés en 2011 par Arnaud Montebourg. En revanche, elle a jugé que le terme « escrocs » était « incontestablement outrageant ».

Premier appel à la démission

La première réaction n'a pas tardé à l'UMP. Sur son compte Twitter, Nadine Morano « demande la démission immédiate de Montebourg, qui vient d'être condamné par la justice, au nom du principe érigé par Hollande ».
Avant d'être porté à l'Elysée, le candidat François Hollande avait promis l'absence de toute personne jugée et condamnée dans son entourage, et au sein de son gouvernement.
Mercredi après-midi, Jean-François Copé, s'est demandé si le président de la République allait appliquer ses engagements: « Je n'ai pas pour habitude de commenter les décisions de justice (...) La seule chose qui me paraît intéressante dans cet épisode, c'est de savoir quel sera le comportement du président Hollande, qui a donné à notre famille politique pendant des mois et des mois toutes les leçons de morale possibles (...) Voilà que M. Montebourg est condamné (...) Ce sera intéressant de savoir si M. Hollande va appliquer cet engagement électoral qui valait leçon de morale pour M. Montebourg ou non », a déclaré le secrétaire général de l'UMP, en marge d'un déplacement en Alsace.

Pas question d'exclure Montebourg

Jean-Marc Ayrault a déjà tranché: la condamnation d'Arnaud Montebourg n'est pas de nature à l'exclure du gouvernement.
« Toute condamnation qui disqualifierait un responsable politique pour des actes contraires aux valeurs de la République conduirait à l'exclure du gouvernement », affirme le Premier ministre dans un communiqué publié mercredi en fin d'après-midi. Jean-Marc Ayrault conclut: « Aucun membre du gouvernement n'est aujourd'hui dans ce cas de figure ».