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Après la condamnation de Monsento, "n'attendons pas d'avoir une liste de décès", exhorte Hulot

Nicolas Hulot veut se servir de la condamnation de Monsanto-Bayer comme électrochoc dans le dossier de l'interdiction du glyphosate.

Nicolas Hulot se sent pousser des ailes: alors que le ministre de la Transition écologique et solidaire se disait "déçu" que l'interdiction du glyphosate en 2021 ne soit pas inscrite dans la loi, la décision de la justice américaine reconnaissant les effets cancérigènes de ce produit lui donne un regain d'ardeur. 

Principe de précaution

Sur notre antenne, l'écologiste a expliqué qu'il aurait préféré "que l’on n’attende pas" la condamnation de Monsanto-Bayer à une amende de 290 millions de dollars pour agir. Cette décision doit, selon Nicolas Hulot, servir d'électrochoc:

"Il faudrait maintenant que l’on passe à une autre échelle. Nous devons mener tous ensemble une guerre pour réduire les molécules les plus dangereuses, sans attendre la démonstration absolue de leur dangerosité. Appliquons enfin le principe de précaution", réclame-t-il. "N’attendons pas d’avoir une liste de décès pour agir".

Faiblesse politique

Tout en désignant l'ennemi, le ministre, rarement gagnant dans les arbitrages gouvernementaux, déplore la faiblesse politique collective de la France, de l'Europe et des Etats-Unis face à ces grands groupes:

"Les multinationales ne sont puissantes que parce que nous sommes faibles. Est-ce qu’un jour nous comprendrons que Monsanto-Bayer n’a pas d’autre objectif que de mettre en coupe réglée les ressources alimentaires de la planète? D’un côté on empoisonne et de l’autre on soigne: à un moment donné, on doit se révolter."

"Jamais assez"

Charité bien ordonnée commençant par soi-même, Nicolas Hulot est loin de se satisfaire de son propre bilan à la tête du ministère.

"J’ai obtenu beaucoup, mais jamais assez. Ne me faites pas dire que nous n’avons rien fait, mais être satisfait pour un ministre de l’Écologie dans la situation actuelle, ce serait une faute professionnelle. On ne me fera jamais dire que les choses vont bien parce que je pense que c’est un mensonge que les Français ne comprendraient pas."

Il n'est pas certain que l'opinion comprenne davantage les compromis incessants du ministre écologiste, dont les bras de fer réguliers avec le ministre de l'Agriculture Stéphane Travert alimentent un véritable feuilleton gouvernemental. 

Louis Nadau