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Annonces de Valls: les jeunes se disent "satisfaits"

Organisations étudiantes et lycéennes ont affiché leur satisfaction lundi après les annonces de Manuel Valls. Le Premier ministre a notamment annoncé un geste envers les étudiants boursiers et la surtaxation des CDD.

Lundi, en annonçant une série de mesures en direction des jeunes, Manuel Valls a tenté d'éteindre la contestation amorcée il y a un mois. Jonathan et Julia, étudiants en première année de master, font partie des jeunes qui pourraient bénéficier de ces annonces.

Issus de familles modestes, ils touchent une bourse tous les mois. "Je touche 1.008 euros par an, ça me paye une partie de mon logement. Si je n’avais pas eu une bourse je n’aurais pas pu me permettre de vivre à Paris", raconte Julia. Les deux étudiants se lanceront sur le marché du travail dans un peu plus d’un an. Agés de moins de 25 ans, ils n’auront pas droit au RSA et ne bénéficieront donc d’aucune aide de l’Etat après leur diplôme.

Parmi les mesures annoncées lundi par Manuel Valls pour la jeunesse, figure notamment la prolongation des bourses après l’obtention de leur diplôme pendant quatre mois maximum. Un délai censé permettre de rétablir une certaine égalité face aux employeurs. "Cela va nous permettre d’étendre nos recherches et sortir sur le marché du travail avec plus d’armes pour mieux négocier nos conditions de travail", affirme Jonathan. "Sinon, le risque c’est de se lancer sur le premier job alimentaire par dépit et par peur de l’avenir", abonde Julia.

Vers un essoufflement de la mobilisation?

Outre la prolongation des bourses, Manuel Valls a également annoncé leur revalorisation de 10%, ainsi qu’une taxation plus lourde des CDD et une hausse de la rémunération plus haute pour les apprentis. Des mesures chiffrées à 500 millions d’euros. 

Même si la plupart des syndicats soulignent les désaccords demeurant sur la loi travail, les annonces de Manuel Valls ont été accueillies favorablement. "Parce que les jeunes se sont mobilisés et ont relevé la tête, ils ont réussi à obtenir des mesures fortes", a estimé le président de l'Unef William Martinet, exprimant sa "satisfaction". "Ça va dans le bon sens", a approuvé l'Union nationale lycéenne (UNL). La Fage, deuxième syndicat étudiant qui n'est pas opposé à la loi travail, a salué "des mesures vraiment structurelles pour les jeunes".

Le gouvernement table désormais sur un essoufflement de la mobilisation. Samedi, les cortèges ont été marqués par une moindre affluence. Et la mobilisation risque d'entrer dans un creux d'ici la manifestation du 28 avril et la reprise des débats début mai à l'Assemblée nationale. "Les formes de mobilisation vont changer" en raison des vacances scolaires et des examens universitaires qui débuteront dans la foulée, a reconnu William Martinet.

Le rendez-vous de lundi était stratégique pour le gouvernement alors que les organisations de jeunesse, parfois débordées par des coordinations plus spontanées, étaient jusqu'ici très actives dans la mobilisation, dans la rue et via des blocages de lycées ou de facs, avec des risques d'incidents.

A. K.