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Agressions, chaises qui volent, mouvements de foule... Le service de sécurité du meeting de Zemmour a-t-il failli?

Une scène de violences au fond de la salle a mené à l'exfiltration d'une dizaine de militants anti-racistes et à l'interpellation de 62 personnes. Quelques minutes plus tôt, le candidat avait été empoigné par un spectateur.

Une spectatrice le visage en sang, des chaises qui volent, des personnes exfiltrées, un mouvement de foule, un candidat empoigné par le col... C'est peu dire que le premier meeting politique du candidat d'extrême-droite à la présidentielle Éric Zemmour a été mouvementé. En analysant les images de l'événement ayant rassemblé autour de 13.000 personnes, des éléments indiquent que l'organisation de la sécurité pourrait être en cause.

À son arrivée dans la vaste salle de Villepinte, le polémiste aurait d'abord été mal placé par son service de sécurité, mettant en danger l'ancien journaliste. "Entre Éric Zemmour et le public, il n'y a plus personne. (...) Personne ne contrôle, personne ne regarde les mains, personne ne regarde les visages", note Guillaume Farde, consultant sécurité BFMTV, en observant les images d'une foule compacte amassée au contact du candidat d'extrême-droite.

Notre consultant sécurité remarque même "une chaîne humaine" de plusieurs spectateurs à moins d'un mètre d'Éric Zemmour.

"Le risque c'est que la chaîne humaine soit rompue et c'est exactement ce qui va se produire. Ici, il y a une fragilité, hop, il s'engouffre!", observe-t-il.

Un spectateur surgit alors et saisit violemment l'ancien journaliste par le col. Le candidat s'en sort avec une entorse au poignet.

Des agents de sécurité pas clairement identifiables

Peu après le début du discours d'Éric Zemmour, nouvel incident: des violences éclatent au fond de la salle. Une dizaine de militants de l'association SOS Racisme sont violemment agressés par des soutiens du polémiste après s'être levés et avoir crié "Non au racisme". Des chaises volent, blessant notamment une militante anti-raciste au visage. Pourtant, cette scène aurait dû être évitable car les chaises devraient être attachées entre elles pour faciliter l'accès aux issues de secours.

Autre problème, aucun agent de sécurité intervenant dans ce mouvement de violence n'est clairement identifiable comme c'est pourtant exigé.

"C'est impensable que la salle dans sa totalité n'ait pas été zonée", s'insurge Éric Plumer, ancien responsable de la sécurité des meetings du Parti socialiste (PS).

Pour lui, chaque zone doit être clairement délimitée avec "à l'intérieur de chaque zone des personnes bien définie pour en assurer la sécurité".

"Je pense qu'il y avait un manque d'effectif, un manque d'entraînement", suggère-t-il.

62 personnes ont été interpellées après le meeting de Villepinte. Une enquête a été ouverte par le parquet de Bobigny et confiée à la sureté territoriale du 93.

Juliette Desmonceaux