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Agnès Buzyn fera-t-elle campagne pour le second tour des municipales?

Absente des sphères médiatique et politique depuis le début du confinement, Agnès Buzyn laisse planer le doute quant à sa volonté de reprendre la course à la mairie de Paris en vue du second tour. LaREM assure de son côté que l’ancienne ministre de la Santé reste déterminée à affronter ses deux rivales, Anne Hidalgo et Rachida Dati.

Depuis plus de deux mois, Agnès Buzyn - arrivée troisième derrière Anne Hidalgo (PS) et Rachida Dati (LR) - est restée dans le silence. Une absence qui laisse planer le doute quant au maintien de sa candidature à la mairie de Paris.

La question de sa volonté et de sa capacité à reprendre sa campagne s’est en effet posée dès le premier jour du confinement. L’ancienne ministre de la Santé avait alors livré d’étonnantes confidences sur son émotion lors de la passation de pouvoir avec Olivier Véran. 

Candidature fragilisée

"Je pleurais car je savais que la vague du tsunami était devant nous. Je suis partie (du ministère de la Santé, ndlr) en sachant que les élections municipales n’auraient pas lieu. On aurait dû tout arrêter, c’était une mascarade", livrait-elle le 17 mars dans un entretien au Monde

De figure providentielle des municipales à Paris au banc des accusés dans la crise du coronavirus, Agnès Buzyn a encore fragilisé sa candidature par ses déclarations. "Elle aura l’occasion de s’exprimer, elle dira exactement sa vérité", défend ce lundi matin sur Europe 1 Stanislas Guerini, délégué général d’En Marche. Il salue l'engagement de l'ancienne ministre qui a remis sa blouse de médecin fin avril, à l'hôpital militaire de Bercy.

"Nous avons mis la campagne en confinement pendant cette crise, et Agnès Buzyn a été utile, elle a soigné des gens", commente-t-il.

"Volonté d’en découdre"

Mais en parallèle de ce temps consacré au sein d’une unité Covid-19, l’ancienne ministre de la Santé n’a pas pour autant coupé les ponts avec ses colistiers. 

"On a échangé régulièrement au téléphone et par messages. Elle a dit qu’elle s’exprimerait dans les prochains jours pour faire part de ses intentions. D’après les échanges que j’ai pu avoir avec elle, j’ai senti une grande détermination, un grand courage et une volonté d’en découdre", assure à BFMTV Gaspard Gantzer, tête de liste LaREM dans le 6e arrondissement.

Ces derniers jours, son équipe a recommencé à communiquer avec la presse, en prévision des élections prévues le 28 juin, mais sans que le nom d’Agnès Buzyn ne soit pour l’instant mentionné. Les candidats de LaREM à Paris ont en effet publié des communiqués pour souligner leur "engagement auprès des Parisiens depuis le début de la crise", indique Le Monde qui précise que de nombreux colistiers sont cités, mais jamais la tête de liste. "Son nom même a disparu de l’en-tête du document: 'Paris ensemble avec Agnès Buzyn' est devenu 'Paris Ensemble'", note le quotidien.

Villani "ouvert à la discussion"

Mais alors que le doute plane, Gérald Darmanin a affirmé dimanche dans l'émission le grand Jury RTL-Le Figaro-LCI avoir "échangé avec elle pas plus tard que la semaine dernière. Elle a envie d'être maire de Paris". 

Et d’ajouter: "Il faut qu'on soutienne notre candidate, c'est une grande femme qui a quitté son ministère (...) Elle a eu le courage de remplacer Benjamin Griveaux dans des circonstances difficiles (...) Moi, je souhaite qu'elle gagne et je vais la soutenir."

Tandis que Stanislas Guérini garantit lui aussi qu'"Agnès Buzyn est déterminée à porter un projet pour Paris", le macroniste dissident Cédric Villani n’exclut pas de revenir dans la course, en remplacement. "Si jamais Agnès Buzyn a une attitude qui compromet la candidature de La République en marche, (…) je resterai, comme toujours, ouvert à la discussion", avançait-il déjà le 19 mai sur France Inter.

Ambre Lepoivre