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Affaire Kohler: Ndiaye assure que Macron n'intervient "en aucun cas" dans une procédure judiciaire

Sibeth Ndiaye, porte-parole du gouvernement, le 24 juin 2020.

Sibeth Ndiaye, porte-parole du gouvernement, le 24 juin 2020. - BFMTV

La porte-parole du gouvernement a été interrogée sur une "note personnelle" du président, qui dédouanait son bras droit Alexis Kohler visé par une enquête pour prise illégale d'intérêt.

Emmanuel Macron est-il sorti de son rôle? La porte-parole du gouvernement, Sibeth Ndiaye, a défendu l'attitude du président de la République après de nouvelles révélations de Mediapart: le chef de l'État est accusé d'avoir attenté à la séparation des pouvoirs en écrivant une note dédouanant son bras droit Alexis Kohler alors qu'il était visé en 2019 par une enquête pour prise illégale d'intérêt.

"En aucun cas, le président de la République, qui est le garant de l'indépendant de la justice, n'intervient dans le cours d'une procédure judiciaire qui est engagée", a-t-elle affirmé.

Une affaire classée sans suite

Dans une "note personnelle" diffusée par Mediapart ce mardi, Emmanuel Macron assure que Alexis Kohler n'est jamais intervenu, au moment où il était son directeur de cabinet à Bercy, dans des dossiers liés à l'armateur italo-suisse MSC avec lequel il entretenait d'étroits liens professionnels et familiaux.

C'est parce qu'il était soupçonné d'avoir dissimulé ces liens devant la commission de déontologie que le parquet national financier (PNF) avait ouvert une enquête le 4 juin 2018 pour prise illégale d'intérêts.

Cette enquête avait été classée sans suite en août 2019 peu après que la note d'Emmanuel Macron a été envoyée par l'avocat d'Alexis Kohler au PNF. Pour expliquer l'abandon des poursuites, les magistrats avaient alors assuré ne pas avoir pu "caractériser les infractions initialement suspectées".

Les révélations ont suscité la colère de l'opposition, à commencer par le député LFI Ugo Bernalicis qui a directement interpellé la ministre de la Justice mardi à l'Assemblée nationale. "Étiez-vous au courant que le président de la République censé être garant de l'indépendance de l'autorité judiciaire (...) était intervenu directement dans un dossier individuel?", a-t-il interrogé, sans obtenir de réponse précise.

Une note de "l'ancien ministre Emmanuel Macron, pas du président

"L'avocat de M. Kohler a produit en juillet 2019, dans le cadre de l'enquete préliminaire en cours, au parquet financier et dans l'exercice normal des droits de la défense de son client, des notes de différents supérieurs hiérarchiques auquel l'intéressé avait indiqué la situation particulière dans laquelle il était vis-à-vis de MSC", a répondu Sibeth Ndiaye lors de son point presse hebdomadaire.

"C'est dans ce cadre, pusique le ministre Emmanuel Macron était le supérieur hiérarchique direct d'Alexis Kohler, que le ministre d'alors Emmanuel Macron a effectué une note factuelle portant sur l'exercice par Alexis Kohler de ses fonctions au sein du ministère de l'Économie."

Pour la porte-parole du gouvernement, Emmanuel Macron a donc écrit cette note en sa "qualité d'ancien ministre de l'Économie et supérieur hiérarchique d'Alexis Kohler". Et donc pas en tant que président de la République. Sibeth Ndiaye a ainsi tenu à préciser que le document ne comportait pas d'en-tête de l'Élysée.

Si l'affaire rebondit ainsi sur le plan politique, elle n'est peut-être pas terminée pour autant sur le plan judiciaire. Mécontent du classement sans suite, l'association anti-corruption Anticor a récemment tenté de relancer l'enquête visant Alexis Kohler en déposant une plainte avec constitution de partie civile.

M.D.