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Accusations de "dictature": Macron fustige "quelques dizaines de milliers de citoyens en perte de sens"

Auprès de Paris Match lors de son déplacement en Polynésie, Emmanuel Macron a répondu aux manifestants contre les nouvelles mesures sanitaires, et juge sévèrement les contestataires estimant que la France serait devenue une "dictature".

Face aux manifestations contre l'extension du pass sanitaire et l'obligation de vaccination pour les soignants qui ont marqué ces derniers samedis, Emmanuel Macron réplique. Depuis la Polynésie, où il se trouvait en déplacement fin juillet, le président a notamment évoqué avec sévérité les contestataires qui jugent que la France aurait basculé dans la dictature au vu des dernières mesures de lutte contre le Covid-19.

Dans un article de Paris Match, lequel a publié des extraits, le chef de l'État fustige "quelques dizaines de milliers de citoyens en perte de sens telle qu'ils peuvent dire qu'on vit en dictature".

"Les mots ont un sens"

"Je ne céderai rien à leur violence radicale", a-t-il assuré au fil de son déplacement, dont l'intégralité de l'article est à paraître jeudi. "Je considère qu’il y va de l’existence même des démocraties. Leur attitude est une menace pour la démocratie. Ils confondent tout. Je les invite à regarder les mêmes manifestations dans des pays qui ne sont plus des États de droit. Je pense qu’ils créent un désordre permanent, parce qu’ils contestent l’existence de l’ordre républicain, mais je ne céderai en rien", a-t-il ajouté.

Sur un plan plus politicien, Emmanuel Macron a également égratigné la "complaisance des extrêmes politiques et, parfois, de certains dans les formations politiques républicaines; c'est grave, car les mots ont un sens", a-t-il déploré.

"Nous n'avons jamais suspendu la vie parlementaire, et toutes les mesures restrictives ont été votées par la loi. Nous sommes le seul pays qui a eu autant de contrôles parlementaires pendant la crise. Nous sommes le seul pays d’Europe dont les ministres sont convoqués devant le juge en temps de crise. Et on parle de dictature? Le gouvernement répond à des commissions d’enquête parlementaire, à la Cour de justice de la République, à des magistrats. Les données épidémiologiques sont publiques et quotidiennes. Enfin, soyons sérieux!" a déclaré Emmanuel Macron.

Macron admet des "erreurs (...) comme chacun"

Sur les décisions prises depuis son arrivée à l'Élysée en 2017, le locataire de l'Élysée indique ne pas avoir "un tempérament à avoir des regrets. J'essaie de faire mon devoir et d'être utile à chaque instant. Avec l'expérience acquise, il y a des choses que je ferais différemment. On vit de ses erreurs. J'en ai fait, comme chacun", a-t-il admis.

Plus spécifiquement sur le Covid-19, Emmanuel Macron met en garde et juge que "les choses peuvent se retourner très vite. Si c'est le cas, il faudra prendre des décisions rapides et peut-être difficiles. Je le ferai sans penser à mon propre agenda", a-t-il assuré, citant l'extension du pass sanitaire ainsi que la vaccination obligatoire des soignants au titre de ces "décisions difficiles".

Clarisse Martin Journaliste BFMTV