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A Barcelone, Manuel Valls tente encore de convaincre à quelques jours des municipales

Manuel Valls - Image d'illustration

Manuel Valls - Image d'illustration - AFP

Moins d'une semaine avant le scrutin, la candidature de Manuel Valls apparaît fragile.

Si le dimanche 26 mai correspond aux élections européennes, l'enjeu électoral sera double en Espagne, puisque ce jour-là se tiendront également les élection municipales. A Barcelone, capitale de la Catalogne et seconde ville du pays, le scrutin sera d'autant plus suivi que Manuel Valls, ancien Premier ministre français, sera en lice. 

Pourtant, depuis l'officialisation de sa candidature le 25 septembre 2018 sous l'étiquette du parti de centre-droit Ciudadanos, la campagne de l'ancien cadre du Parti socialiste a bien du mal à décoller. A l'heure actuelle, et selon les derniers sondages publiés dans la presse catalane et nationale, Manuel Valls n'obtiendrait que six sièges au conseil municipal de la ville, soit 12,3% d'intentions de vote. Ainsi, il se retrouverait relégué à plus de 10% des deux favoris, Esquerra Republicana de Catalunya, la gauche républicaine de Catalogne, et Barcelona en comú de la maire sortante Ada Colau.

Pire, la candidature Ciudadanos serait à l'heure actuelle en quatrième position, talonnée par le parti indépendantiste Junts per Catalunya.

"Grande surprise" du scrutin? 

A Barcelone, Manuel Valls se présente comme un "social-démocrate" issu du "catalanisme modéré" et un recours contre les indépendantistes qui gouvernent la région depuis 2012. "Si demain, les indépendantistes prennent la ville, là, on est face à quelque chose d'extrêmement dangereux", expliquait-il encore récemment. 

Pourtant, l'arrivée de ce natif de la capitale catalane avait été vue d'un très mauvais oeil par de nombreux électeurs. En février dernier, il avait d'ailleurs été ouvertement critiqué pour avoir participé à Madrid, aux côtés de la droite et de l'extrême droite, à une manifestation où le départ du chef du gouvernement socialiste Pedro Sanchez était réclamé. 

Le président d'une association d'habitants de la Verneda i la Pau, Rafa Vega, 59 ans, pointe d'ailleurs les faiblesses de sa candidature: "Les gens le connaissent peu et c'est étrange que comme socialiste de coeur, il soit maintenant avec un parti opposé au socialisme", les libéraux de Ciudadanos qui soutiennent sa candidature.

Le candidat du Parti populaire (conservateur) à la mairie de Barcelone, Josep Pou, assure lui à l'AFP "ne pas comprendre la stratégie" de son rival. "Il se présente seul, et non (sous l'étiquette) Ciudadanos, et (le dirigeant du parti) Albert Rivera ne vient à aucun meeting".

Valls se veut proche des Barcelonais 

Alors pour muscler sa candidature, l'ancien Premier ministre multiplie les déplacements ces derniers jours. Au pied d'un immeuble du quartier populaire de la Verneda i la Pau, le candidat de 56 ans a ce week-end invité quelques dizaines de gitans à partager des tapas dans un bar. En espagnol, il se dit d'ailleurs "très fier" d'en compter un sur sa liste.

"Nous serons la grande surprise du scrutin", promet-il, malgré les mauvais sondages. 

Pour autant, l'arrivée de Manuel Valls dans la vie politique catalane fait également des heureux. C'est le cas du médecin Humberto Villavicencio, 70 ans, qui estime que la deuxième ville espagnole "mérite un homme de son niveau". 

Faisant de la lutte contre l'insécurité sa "priorité", il promet d'augmenter considérablement les effectifs de la police municipale et le nombre de caméras de surveillance, comme à Evry en banlieue parisienne, qu'il administra onze ans. De fait, il cible volontairement les indépendantistes et Ada Colau - qualifiée de "populiste" et à laquelle il attribue "une politique désastreuse en matière de sécurité et de logement".

Quel futur pour Manuel Valls?

Ce scrutin municipal marquera-t-il la fin de l'aventure politique de Manuel Valls? Pour le principal intéressé, le doute n'est pas permis:

"Ma carrière politique est derrière moi, elle est extraordinaire", explique-t-il. "J'avais besoin de soleil, de Méditerranée, de ciel bleu, j'ai retrouvé l'amour", dit-il, en référence à sa nouvelle compagne, la femme d'affaires catalane Susana Gallardo. "Quoi qu'il arrive, je reste ici", ajoute-t-il encore. 

"Je ne suis pas venu ici pour faire une deuxième carrière. J’ai un projet, c’est Barcelone. J’assumerai mes responsabilités comme maire ou comme conseiller municipal. Est-ce que je participerai au débat national? Je l’ai déjà fait. J’ai envie de vivre, j’ai envie d’une vie équilibrée", expliquait-il récemment dans les colonnes du Parisien

dossier :

Manuel Valls

Hugo Septier avec AFP