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70 élus de gauche et écologistes réclament un moratoire sur la 5G "au moins jusqu'à l'été 2021"

70 maires et élus proposent un moratoire sur le déploiement de la 5G au moins jusqu'à l'été 2021

70 maires et élus proposent un moratoire sur le déploiement de la 5G au moins jusqu'à l'été 2021 - NICOLAS ASFOURI

Près de 70 élus de gauche et écologistes réclament la "tenue d'un débat démocratique décentralisé" sur la 5G ainsi que sur les usages numériques.

"Nous, maires et élus, proposons dans l'immédiat un moratoire sur le déploiement de la 5G au moins jusqu'à l'été 2021", ainsi que la "tenue d'un débat démocratique décentralisé sur la 5G et sur les usages numériques". C'est la demande publiée dans le JDD de ce dimanche par 70 personnalités politiques de gauche et de l'écologie.

Parmi eux, les maires de 11 grandes villes (Bordeaux, Lyon, Grenoble, Marseille, Strasbourg, Besançon...), mais aussi des élus parmi lesquels Jean-Luc Mélenchon (LFI), Yannick Jadot (EELV), Adrien Quatennens (LFI), François Ruffin (LFI), Julien Bayou (EELV) ou Alexis Corbière (LFI).

"Le gouvernement a identifié la 5G comme un enjeu stratégique pour la France dans sa feuille de route et décidé que les fréquences seraient attribuées aux opérateurs téléphoniques dès septembre 2020. Cette décision intervient sans étude d'impact climatique et environnemental ni aucune consultation publique préalable", écrivent les signataires de la lettre.

Réduire d'abord la fracture numérique

Ils estiment aussi que le déploiement de la 5G "est loin d'être aussi évidente que le prétendent les opérateurs de téléphonie mobile ou le gouvernement". Ils réclament un débat sur le sujet, ainsi que sur les usages du numérique. Selon eux, ces sujets posent "des questions environnementales, sanitaires et démocratiques" en soulevant aussi des problèmes énergétiques.

"La hausse de la consommation de données et d'usage des télécommunications, synonyme d'une très forte consommation d'énergie par la sollicitation des antennes et des serveurs", craignent ces élus.

L'idée d'un moratoire n'est pas nouvelle. En juillet, EELV avait déjà demandé, dans une motion adoptée à la quasi unanimité de la centaine de conseillers fédéraux du parti. Mais les signataires de la lettre soulèvent d'autres questions.

Ils demandent aussi "que la priorité soit donnée à la réduction de la fracture numérique, à travers le développement de la fibre en zone rurale et en finalisant le déploiement de la 4G".

"Des visées purement électoralistes"

Côté opérateur, la question du calendrier s'est posée. Alors que Bouygues a proposé de décaler à 2020-2021 le coup d'envoi de l'enchère principale d'attribution des fréquences 5G, le PDG d'Orange Stéphane Richard estime qu'il ne faut plus perdre de temps.

"La France a pris un peu de retard, puisqu'il y a déjà plusieurs grands pays européens ayant attribué leurs fréquences qui ont lancé le déploiement du réseau et même déjà les offres. Le premier pays dans lequel on a lancé la 5G c'est la Roumanie, il y a un an déjà", a t-il expliqué dans un entretien à l'Agence France-Presse (AFP).

Cette vente aux enchères débutera le 29 septembre, a annoncé le président du régulateur des télécoms Sébastien Soriano sur France Info. Initialement prévues en avril mais repoussées en raison de l'épidémie, ces enchères doivent permettre d'attribuer aux opérateurs 11 "blocs" de fréquences dans la bande allant de 3,4 à 3,8 gigahertz (GHz), et ouvrir la voie à de premiers services 5G commerciaux dans certaines villes françaises d'ici la fin de l'année.

Pour Cédric O, secrétaire d'État au numérique, les futurs réseaux mobiles 5G sont un élément important de la compétitivité de la France. "Une antenne 5G consomme jusqu'à dix fois moins d'électricité qu'une antenne 4G, pour un même volume de données échangées", a-t-il également avancé, s'opposant à "la politisation du déploiement de la 5G par certains à des visées purement électoralistes".

Une opinion partagée par le ministre délégué au Commerce extérieur Franck Riester. "Nous devons vérifier toutes les conséquences éventuelles de la 5G, mais nous ne devons surtout pas refuser le progrès", a-t-il déclaré ce dimanche sur Europe 1.

"C'est ce qu'on voit depuis plusieurs jours et semaines avec ces nouveaux maires écolos qui sont dans une position très idéologue, très sectaire, une position de refuser le progrès d'une certaine manière", estime Franck Riester.
https://twitter.com/PascalSamama Pascal Samama Journaliste BFM Éco