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Voiture de police incendiée: les agresseurs de Kung-Fu Cop jugés à Paris

Le véhicule s'était embrasé quai de Valmy à Paris après qu'un fumigène a été lancé à l'intérieur.

Le véhicule s'était embrasé quai de Valmy à Paris après qu'un fumigène a été lancé à l'intérieur. - AFP

Neuf personnes sont jugées à partir de ce mardi pour l'attaque d'une voiture de police sur le quai de Valmy, dans le Xe arrondissement de Paris, il y a un an et demi. L'image avait tourné en boucle en plein coeur du mouvement de contestation sociale.

L'image était devenue virale. Il y a un an et demi, toutes les télévisions françaises reprenaient la photo de cette voiture en flamme en plein coeur du Xe arrondissement de Paris. Deux policiers se trouvaient à bord, l'un d'eux recevra le titre de "Kung-Fu cop". La scène a été vue des centaines de milliers de fois et débouche, seize mois plus tard, sur un procès de quatre jours sous haute tension où les prévenus risquent jusqu'à dix ans de prison.

A partir de ce mardi, neuf personnes sont jugées pour l'attaque de ce véhicule de police en marge d'un rassemblement de policiers, place de la République. Huit d'entre eux, qui comparaissent pour "participation à un groupement formé en vue de la préparation de violences ou de dégradations". Six d'entre eux sont poursuivis également pour "violences aggravées sur policiers en réunion". Huit s'expliqueront devant la justice, le neuvième, un homme résidant en Suisse, est sous le coup d'un mandat d'arrêt.

"Justice exemplaire"

Ce 18 mai 2016, des policiers, à l'appel du syndicat Alliance, se réunissent sur la place de la République pour dénoncer la "haine anti-flics" dont ils estiment être victime en cette période de forte contestation sociale contre la loi Travail. A quelques encablures de là, un rassemblement, non autorisé, contre les violences policières a également lieu. C'est dans ce contexte qu'un adjoint de sécurité et son chef de bord circule en voiture siglée "Police" direction leur commissariat.

Quand les deux fonctionnaires de police croise la route d'un route d'individus portant leur capuche et vêtus de noir, c'est un déchaînement de violences qui se produit. Un plot est lancé sur le pare-brise du véhicule, un fumigène est lancé dans l'habitacle. La voiture s'embrase, les deux policiers sortent. Le conducteur du véhicule, Kevin P., devenu gardien de la paix depuis, va esquiver une série de coups avec une agilité qui lui a valu le surnom de "Kung-Fu cop". Pourtant, face à cette violence, les deux policiers vont être que très légèrement blessés. 

"Cette attaque a marqué l’ensemble des forces de l’ordre (...), insiste Loïc Lecouplier, secrétaire national d'Alliance police qui s'est constitué partie civile. Nous attendons une justice exemplaire tant pour nos deux collègues que pour tous les autres."

Preuves matérielles minces

Pendant quatre jours, la justice va avoir comme tâche de déterminer les responsabilités de chacun. Qui a lancé le plot métallique? Qui a lancé le fumigène? Qui s'en est pris avec une barre de fer au policier? Les trois premiers arrêtés l'avaient été sur la base d'un témoin anonyme, qui s'est révélé être un policier du renseignement. Ce qui a fait tiquer les avocats de la défense pendant toutes la procédures qui estime, par ailleurs, que les preuves matérielles restent minces.

"Vous êtes incarcérés, mis en examen sur la base de vidéosurveillance et dès que vous analysez ces dernières c'est sur la base d'exploitation des bandes que vous êtes disculpés, estime Me Jérémy Assous, avocat de l'un des prévenus. On se rend compte qu'en effet vous n'étiez pas là où le fameux policier anonyme dit que vous étiez."

Trois des prévenus qui sont jugés ont reconnu les faits. L'un d'entre eux, qui s'en est pris au policier Kevin P. a expliqué avoir pété les plombs. Un Américain a avoué avoir lancé le plot métallique. Nombreux sont ceux qui appartiennent à la mouvance ultra-gauche. Au cours de la procédure les faits avaient été requalifiés de "tentative de meurtre sur personnes dépositaires de l'ordre public" en "violences volontaires en réunion". 

Rassemblement prévu devant le Palais de justice

L'interpellation d'Antonin Bernanos, un étudiant en sociologie de 22 ans, militant actif antifasciste, et son incarcération en détention provisoire pendant 10 mois a suscité une vive indignation et une vive mobilisation. Par trois reprises, le juge des libertés et de la détention avait ordonné sa remise en liberté, à chaque fois le parquet avait fait appel. Son petit-frère avait été lui aussi mis en cause pour l'agression à la barre de fer du policier avant d'être disculpé par d'autres aveux. 

Des collectifs "antifa" et des groupes de gauche radicale ont par exemple appelé à un rassemblement mardi, à 19 heures, devant les grilles du Palais de justice de Paris.

Justine Chevalier