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Viry-Châtillon: "On ne s'attendait pas à ce qu'ils veuillent nous tuer", témoigne un policier agressé

L'une des voitures des policiers brûlée samedi par des cocktails molotov à Viry-Châtillon.

L'une des voitures des policiers brûlée samedi par des cocktails molotov à Viry-Châtillon. - Thomas Samson - AFP

Sébastien, l'un des policiers attaqués samedi à Viry-Châtillon, décrit une agression violente et préparée, dont le but était de tuer.

Sébastien est encore sous le choc. Ce brigadier de police était présent samedi à Viry-Châtillon, dans le quartier de la Grande-Borne, lorsqu'il a été agressé par des jeunes du quartier avec trois de ses collègues. Tous les quatre étaient chargés de surveiller une caméra de surveillance régulièrement attaquée.

Une attaque bien préparée, selon lui. Dans Le Parisien, il décrit le détour emprunté par les agresseurs pour ne pas être repérés par les policiers, répartis dans deux véhicules. Puis l'agression:

"Ils ont cassé les vitres, ont donné des coups de poing (aux collègues) pour les empêcher de sortir et leur ont jeté des cocktails molotov sur les genoux", raconte-t-il. 

Les jeunes ne s'arrêtent pas là. 

"Nous sommes sortis et ils ont essayé de mettre KO ma collègue qui était côté conducteur en lui donnant des coups de poing. Ils ont ensuite lancé un cocktail molotov dans notre voiture". 

Brûlures au deuxième degré

Tout se passe très vite et alors que Sébastien veut se défendre, les assaillants sont déjà partis. Il sort de son véhicule, et voit l'un de ses collègues touché par un cocktail molotov. Sébastien se jette sur lui et lui arrache son polo, qui a pris feu. "Ensuite, j'ai tapé partout où il y avait d'autres flammes sur son corps". Un réflexe qui lui vaut des brûlures au deuxième degré aux mains et aux genoux. Son collègue, dans un état stable, a été placé dans un coma artificiel, tandis qu'une autre policière, brûlée elle aussi, est toujours hospitalisée.

Sébastien, lui, est traumatisé. "On ne s'attendait pas à ce qu'ils viennent au contact au niveau de nos portières et qu'ils veuillent nous tuer", raconte-t-il. Le fonctionnaire de police doit désormais prendre des calmants et des somnifères, et devra consulter un psychologue. Son fils de 7 ans, qui a vu ses brûlures, devra en faire de même. Sébastien écope de 21 jours d'incapacité totale de travail (ITT) et de blessures morales.

Ariane Kujawski