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Violences policières: la CGT et la Ligue des droits de l'Homme demandent la suspension des LBD

L'acquisition de ces lanceurs est destinée à la police et à la gendarmerie. - NICOLAS TUCAT / AFP

L'acquisition de ces lanceurs est destinée à la police et à la gendarmerie. - NICOLAS TUCAT / AFP - -

Face à la polémique autour des lanceurs de balles de défense à l'origine de blessures graves parmi des manifestants, le ministère de l'Intérieur a assuré que les forces de l'ordre seront équipés de caméras dès samedi.

La CGT et la Ligue des droits de l'Homme (LDH) demandent à la justice administrative de suspendre en urgence l'utilisation controversée des lanceurs de balles de défense (LBD), pour mettre "fin aux blessures graves pendant les manifestations". Selon un communiqué conjoint, la requête en référé sera examinée jeudi devant le tribunal administratif de Paris.

"La CGT, l'Union départementale CGT de Paris et la Ligue des droits de l'Homme s'associent pour déposer une requête en urgence devant le juge administratif pour demander au ministre de l'Intérieur et au préfet de police de Paris de cesser d'utiliser les armes dites 'Flash Ball'!", précise le texte.
"On se réserve pour déposer aussi un autre recours, cette fois devant le Conseil d'Etat, pour demander au gouvernement de prendre toutes les mesures pour interdire les LBD au niveau national", a précisé Arié Alimi, membre du bureau de la LDH.

Des blessures parfois graves

Depuis le début du mouvement des "gilets jaunes" le 17 novembre et les manifestations de lycéens, la Ligue des droits de l'Homme a reçu environ 90 signalements dénonçant des violences de la part des forces de l'ordre, selon Me Alimi. 

Parmi eux, une cinquantaine font état de blessures, parfois graves (perte d'un oeil, fracture de la mâchoire, blessures aux pieds et aux jambes...). Certains de ces cas font d'ores et déjà l'objet d'une plainte.

"Cela fait plusieurs années que nos organisations ont alerté les pouvoirs publics pour dénoncer la politique du maintien de l'ordre qui entraîne une recrudescence des violences policières, lors des manifestations", soulignent la CGT et la LDH. 

Le Défenseur des droits contre les LBD

Les organisations rappellent être dans la lignée des recommandations du Défenseur des droits: Jacques Toubon avait demandé, dans un rapport rendu en décembre 2017, la suspension de l'utilisation des LBD et a rappelé cette position publiquement jeudi.

"En continuant d'utiliser des armes particulièrement dangereuses lors des manifestations causant des dommages irréversibles, l'État porte atteinte aux libertés fondamentales telles que le droit de manifester et le droit à la protection de la vie", dénoncent la CGT et la LDH. "Ces dérives du pouvoir sont inacceptables dans un État de droit!", estiment-elles. 

"Nos organisations ne peuvent laisser l'État agir ainsi et feront tout ce qui est possible pour que le droit des citoyens et des travailleurs à manifester leur contestation soit respecté. Nous demandons donc au tribunal d'ordonner l'interdiction des 'Flash Ball' pendant les manifestations", insiste le communiqué.

Jeanne Bulant avec AFP