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Var: une femme de 31 ans assure avoir été séquestrée pendant cinq ans par sa belle-mère

Un commissariat

Un commissariat - JACQUES DEMARTHON / AFP

La jeune femme raconte avoir été maintenue de force dans la maison de sa belle-mère, à Saint-Raphaël, après avoir entamé une relation amoureuse avec un homme qui lui aurait déplu.

L’enquête en est encore à ses prémices mais elle laisse déjà entrevoir les contours d’une séquestration sur fond de différend familial. Mardi, une sexagénaire a été placée en garde à vue à Cannes, suspectée d’avoir gardé sa belle-fille en captivité pendant cinq ans. Celle-ci, âgée de 31 ans, a été retrouvée dimanche soir errant dans les rues d’Agay, dans le Var, selon une information de France Bleu confirmée à BFMTV par une source judiciaire. C’est un couple d’automobilistes qui a croisé son chemin et l’a prise en charge. Et l’histoire qu’elle leur rapporte est troublante.

Elle dit s’être enfuie d’une maison dans laquelle elle a été séquestrée durant cinq longues années par sa belle-mère, la mère d’un homme qu’elle fréquentait en 2008, avec qui elle a eu un garçon, aujourd’hui âgé de 10 ans. Le père, qui ne désirait pas l’enfant, s’est enfui, mais la sexagénaire a décidé de son côté de rester en contact avec son petit-fils et sa belle-fille, qu’elle héberge en 2014. Peu à peu, la jeune femme entame une relation amoureuse avec un autre homme de la famille, une situation qui déplaît fortement à la sexagénaire.

Totalement exclue

La jeune femme explique avoir été maintenue dans la maison contre son gré, coupée du monde, consignée dans une pièce aseptisée, sans confort ni accès aux soins d’hygiène quotidiens. Une fois, elle aurait tenté de s’échapper mais aurait été rattrapée par l’un des fils de sa castratrice, précise France Bleu.

Conduite au commissariat, elle a fait part de sa version aux enquêteurs qui l’ont soumise à des examens psychologique et bucco-dentaire. Ce dernier révèle en effet un état médiocre de son hygiène. De son côté, la belle-mère nie les faits. Pour éclaircir la situation, le parquet de Draguignan a ouvert mercredi une information judiciaire pour abus de faiblesse, violences habituelles sur personne vulnérable ou dépendante, soumission d'une personne vulnérable ou dépendante à des conditions d'hébergement indignes, et non assistance à personne en danger.

Les enquêteurs vont poursuivre leurs investigations à son domicile et interroger les proches et le voisinage. Les témoignages recueillis jusqu’ici semblent pour l’instant accréditer la version de la plaignante. Les enfants de la sexagénaire ont notamment reconnu que la jeune femme était totalement exclue, et ne participait plus, par exemple, aux repas de famille.

Mélanie Vecchio avec Ambre Lepoivre