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Val-de-Marne: les parents des adolescents interpellés par la police annoncent la création d'un comité

Les chiffres publiés le 19 avril se basent sur le nombre de dépôts de plainte.

Les chiffres publiés le 19 avril se basent sur le nombre de dépôts de plainte. - AFP

Les adolescents, soupçonnés d'avoir commis un vol à l'arraché à Vitry-sur-Seine fin mai, accusent des policiers d'avoir proféré à leur encontre des insultes à caractère raciste et homophobe.

Les parents de quatre adolescents disant avoir été victimes de violences et de brimades de la part de policiers lors d'une interpellation fin mai à Vitry-sur-Seine (Val-de-Marne) ont annoncé la création d'un comité, ce jeudi, en espérant que leur mésaventure ne se reproduise pas "avec d'autres enfants".

"On espère que les auteurs des propos racistes et des violences sur nos enfants répondront de leurs actes et qu'une enquête IGPN va réellement être ouverte", a déclaré le père d'un des quatre adolescents. 

Avec les autres parents et en présence de leur avocat Jérôme Karsenti et de la députée LFI Mathilde Panot, il a annoncé la création d'un comité nommé "On ne laisse pas passer".

Une gifle et des injures

Le 26 mai dernier, quatre adolescents âgés de 14 et 15 ans ont été interpellés dans un parc de Vitry-sur-Seine par la brigade anticriminalité (BAC) qui les soupçonne d'avoir commis un vol à l'arraché. 

Ils sont menottés pendant plusieurs heures avant d'être emmenés au commissariat du Kremlin-Bicêtre. Trois d'entre eux disent avoir été victimes d'insultes racistes. L'un d'eux assure aussi avoir été giflé.

Le quatrième, conduit dans une voiture différente déclare avoir de son côté été victime d'insultes homophobes. Les quatre adolescents dont deux sont noirs, un arabe et un autre blanc sont relâchés sans poursuite, 24 heures plus tard.

"Une histoire extrêmement banale"

Quatre plaintes ont été déposées pour "injures à caractère racistes et homophobes" et "détention arbitraire" car "on est sur plus de 24 heures de détention hors, pour des mineurs, 24 heures c'est le maximum", a précisé Jérôme Karsenti.

Cette affaire a ressurgi en plein débat sur les violences policières et au moment où le gouvernement a promis la "tolérance zéro" contre le racisme au sein des forces de l'ordre.

"Cette histoire est en réalité extrêmement banale", a ajouté Me Karsenti, se félicitant d'une telle attention médiatique pour "quelque chose de plutôt ordinaire dans les cités".

Le parquet a annoncé qu'il allait saisir l'Inspection générale de la police nationale (IGPN) mais aucune enquête n'a encore été formellement ouverte deux semaines après les faits d'après l'avocat.

F.B. avec AFP