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Police-Justice

"Une succession de violences": après un viol collectif, les Nantais alertent sur l'insécurité

Une femme affirme avoir été victime d'un viol collectif en pleine rue à Nantes. Une agression qui relance le débat de l'insécurité dans le centre-ville, dénoncée depuis plusieurs années par les habitants.

Agressions verbales, physiques, ivresse sur la voie publique... L'insécurité à Nantes, en Loire-Atlantique, est au coeur des débats ce lundi alors qu'une femme a été violée par deux hommes dans la nuit de samedi à dimanche. Il est 5h40 quand la victime est prise en chasse en pleine rue par deux réfugiés Soudanais, en état d'ébriété. Ils la frappent et lui arrachent ses vêtement avant de la violer.

Les cris de la victime alertent des riverains qui préviennent les secours. À l'arrivée de la police, un troisième homme - lui aussi Soudanais en situation régulière - s'en prend à un fonctionnaire et le cogne à la tête avec une pierre. L'affrontement tumultueux débouche sur l'interpellation des trois suspects, deux majeurs de 27 ans et un mineur de 17 ans.

"Cauchemar absolu au cœur de Nantes! Un drame qui, malheureusement, se banalise. Peut-on encore se sentir en sécurité à Nantes lorsque l’on est une femme?", commente sur Twitter Christelle Morançais, présidente de la région Pays de la Loire.

"Des violences diverses"

Depuis plusieurs années, les riverains se plaignent en effet d'une recrudescende des agressions dans les rues de Nantes.

"On constate une succession de violences depuis une certain nombre d'années, explique sur BFMTV Olivia Delezinier, patronne de deux restaurants dans le centre-ville. On a alerté au niveau de la municipalité et de l'Etat et encore une fois il faut qu'un drame arrive pour qu'on nous entende."

La restauratrice affirme que ses équipes "ont encore été victimes de violences diverses" entre le 13 et le 15 septembre dernier. "Ce sont des agressions verbales, des gens qui donnent des coups de couteau, qui sont ivres sur la voie publique ou sous crack...", énumère OIivia Delezinier. "Nantes est une ville qui se compare aujourd'hui aux pires villes françaises", abonde Foulques Combart de Lauwe, conseiller municipal d'opposition LR à la ville de Nantes. L'élu constate "une dégradation qui s'est accélérée" au cours des dernières années et en veut pour responsable, "l'inaction coupable de la maire".

"Inaction coupable"

"Il y a un refus d'agir par idéologie, une idéologie complice d'un certain nombre de violences du quotidien et d'extrême gauche avec la ZAD de Notre-Dame-des-Landes. Nantes est également l'une des fondatrices de l'association des 'villes accueillantes'. Or, quand on est incapable de donner du travail et un logement aux personnes qu'on accueille, on ne créé pas ce genre de réseau. Au final, ce sont les Nantais qui en sont victimes", estime Foulques Combart de Lauwe.

D'après le bilan 2021 de la préfecture de Loire-Atlantique, le département "s’inscrit globalement dans les tendances nationales avec une diminution des chiffres de la délinquance depuis 2017". Mais localement à Nantes, les atteintes volontaires à l’intégrité physique et les violences sexuelles ont légèrement augmenté entre 2017 et 2021. Les atteintes aux biens sont également en hausse de 6,85 % en 2021 par rapport à 2020.

"Après deux années particulières liées au Covid et aux confinements, on retrouve les niveaux de délinquances qu'on connaissait avant 2019, commente sur BFMTV Didier Martin, préfet de Loire-Atlantique. Cette situation est prise en compte par les pouvoirs publics", assure-t-il.

Mobilisation des habitants

Pour garantir la sécurité dans la ville, un contrat de sécurité intégrée a été signé le 20 mai 2021 par le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin. À ce titre, "70 policiers supplémentaires ont rejoint Nantes depuis 18 mois. Ils renforcent les patrouilles pédestres la nuit pour rassurer nos concitoyens", précise le préfet. Malgré tout, l'insécurité ressentie par les habitants de la ville demeure. Une manifestation à l'appel de l'association "Sécurité nocturne Nantes" aura lieu ce samedi.

Ambre Lepoivre Journaliste BFMTV