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Une militaire de 19 ans porte plainte contre l'armée pour harcèlement sexuel et moral

Une jeune militaire a décidé de porter plainte contre l'armée pour harcèlements sexuel et moral. (Photo d'illustration)

Une jeune militaire a décidé de porter plainte contre l'armée pour harcèlements sexuel et moral. (Photo d'illustration) - AFP

Morgane Blanchet, militaire depuis 2016, a décidé de dénoncer le comportement de ses supérieurs sur les réseaux sociaux. La jeune femme porte également plainte contre l'institution, qu'elle soupçonne de rupture de contrat abusive.

Son message a été partagé plus de 3.000 fois sur Facebook. Morgane Blanchet, 19 ans, avait intégré, depuis 2016, le 54e régiment de transmissions en Alsace, dans l'armée de terre, relate la 1ere

Le 23 mai, la jeune femme, "n'ayant plus aucune solution", a décidé de raconter sa rude expérience au sein de la Grande Muette, où elle dénonce des comportements de harcèlement moral et sexuel de la part de ses supérieurs. Aujourd'hui, elle porte plainte contre l'armée. 

"Après un an dans la réserve, je me suis engagée dans l'active en mai 2016 par vocation. Pour moi, il n'y avait pas de plus beau métier. Malheureusement, mes trois mois de classes se sont révélées être un cauchemar", écrit-elle sur le réseau social.

La jeune femme a fait une tentative de suicide

La militaire affirme que son chef de section "s'envoyait des rails de cocaïne". L'homme la "sortait de son sac de couchage à 3 heures du matin" pour la faire marcher au pas dans le lac. "Il me reluquait ensuite pendant que je me changeais, à base de 'oh là là, tu m'excites'". 

Une réalité d'autant plus difficile à supporter que drogues et alcool se mêlent à cet environnement hostile. Morgane y décrit des "bouteilles de rhum, des joints". Après avoir fait ses classes et intégré son régiment, celle-ci tombe en dépression. Puis, elle décide de "tout balancer. A la suite de ça, j'ai eu de nombreuses menaces de mort de la part de mes supérieurs, et j'ai fini par attenter à ma vie".

Mais Morgane ne perd pas sa motivation, et reprend ses fonctions six mois plus tard. Ses supérieurs décident de l'envoyer en formation, fin mars. Mais lors d'une compétition sportive, elle se blesse sérieusement: "Les deux ligaments croisés pétés, le ménisque pété, le ligament intérieur latéral pété, bref mon genou est foutu", poursuit-elle. 

"Je ne suis plus militaire, je n'ai plus l'obligation de fermer ma gueule"

Malheureusement, la jeune militaire apprend qu'elle sera "virée" le 2 mai. Elle assure à la 1ère que cette rupture de contrat de travail est abusive, d'autant plus que l'armée n'a pas respecté son arrêt maladie. Le médecin militaire lui a ainsi avoué avoir subi des "pressions hiérarchiques pour la remettre en activité, pour ensuite me licencier". Mais sans son travail, Morgane est dans une situation difficile. 

"Je leur explique donc que je n'ai nulle part où aller, que le régiment c'est tout ce que j'ai, et qu'en deux semaines je ne trouverai rien. Alors on m'a proposé un foyer qui ressemble plus à un centre de réinsertion pour délinquants qu'autre chose".

Mauvaise surprise: en arrivant dans ce fameux foyer, elle apprend qu'en réalité, il n'existe aucune place pour elle. Elle conclut son message: 

"Alors oui, j'ai donné deux ans de ma vie à mon pays qui m'a malmenée par son armée pleine de promesses, et pour laquelle j'ai continué à travailler malgré tout avec fierté. Aujourd'hui, je me retrouve à la rue comme un chien avec un genou foutu. (...) Je ne suis plus militaire, je n'ai plus l'obligation de fermer ma gueule". 

Alexandra Milhat