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Police-Justice

Une gilet jaune condamnée pour violences envers des policiers et interdite de manifester

Odile Maurin lors d'une manifestation des gilets jaunes, le 12 janvier 2019

Odile Maurin lors d'une manifestation des gilets jaunes, le 12 janvier 2019 - Pascal Pavani - AFP

Odile Maurin était accusée d'avoir blessé un CRS aux genoux et un brigadier de police à la cheville en fonçant délibérément sur eux avec son fauteuil roulant électrique lors d'une manifestation en mars.

Egérie des gilets jaunes toulousains et du combat pour les droits des handicapés, Odile Maurin a été condamnée vendredi à deux mois de prison avec sursis et un an d'interdiction de manifester pour avoir volontairement percuté deux policiers avec son fauteuil roulant électrique.

Le tribunal correctionnel de Toulouse a partiellement suivi le procureur, Guillaume Renoux, qui avait également demandé la condamnation de la prévenue pour s'être interposée devant un camion policier équipé d'un canon à eau, et requis deux ans d'interdiction de manifester en Haute-Garonne, ainsi qu'une amende.

Présidente de l'association Handi-social, la quinquagénaire était accusée d'avoir blessé aux genoux un CRS et à la cheville un brigadier de police en fonçant délibérément sur eux avec son fauteuil roulant électrique, lors d'une manifestation tendue des gilets jaunes à Toulouse le 30 mars.

"Je défends vigoureusement la non-violence"

Devant le tribunal, elle a mis en doute le témoignage du CRS et déclaré que le brigadier avait été touché à cause de l'intervention d'autres policiers qui avaient actionné les commandes de son fauteuil pour l'écarter.

"Je ne suis pas en tort, je ne plaide pas coupable, je défends vigoureusement la non-violence", a-t-elle affirmé à la barre avant d'interpeller le tribunal: "J'embête la police en les mettant face à leurs violations, cela justifie-t-il de me poursuivre?"

"Nous relevons appel immédiatement", a réagi son avocat, Me Pascal Nakache, qui avait plaidé la relaxe, dénonçant des poursuites attestant que face au mouvement des gilets jaunes le "ministère public déraisonne".

"Ce procès se transforme en tribune politique sur le handicap et pour dire que l'on s'est trompé de cible, et que les gens violents sont les policiers", a dénoncé le procureur. "On a le droit de manifester dans le respect des lois", mais "à mon avis Mme Maurin s'est mise hors la loi", a-t-il déclaré.

Pour "ne pas rentrer dans le débat de savoir si un fauteuil roulant est une arme ou pas", il avait auparavant requalifié le chef d'abord retenu, qui indiquait que les violences avaient été commises "avec usage et menace d'une arme", en l'occurrence le fauteuil pour handicapé.

Deux autres procès en attente pour Odile Maurin

Une cinquantaine de gilets jaunes étaient venus soutenir Mme Maurin, scandant son prénom à l'entrée du tribunal. La défense a aussi cité six témoins -- dont le député Sébastien Nadot, exclu fin 2018 du groupe LREM -- qui ont attesté de l'engagement "pugnace" mais "non violent" de la militante et de son apport "éclairant" à la défense des droits des handicapés.

Deux autres procès pour "entraves à la circulation" lors d'une manifestation à un péage et à l'aéroport de Toulouse attendent encore Mme Maurin en février et mars 2020

Ju. M. avec AFP