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Un virement suspect de 25.000 euros découvert sur un compte de Claude Guéant

Claude Guéant, ancien ministre de l'Intérieur sous Nicolas Sarkozy, dans son bureau d'avocat en présence du tableau offert qui crée la polémique.

Claude Guéant, ancien ministre de l'Intérieur sous Nicolas Sarkozy, dans son bureau d'avocat en présence du tableau offert qui crée la polémique. - -

Un nouveau virement suspect, d'un montant de 25.000 euros et provenant de Jordanie, a été découvert sur un compte de Claude Guéant lors d'une perquisition, a indiqué mardi une source proche du dossier.

Après la découverte d'un premier versement de 500.000 euros en février dernier, après la révélation de la présence d'un tableau offert par le président ivoirien Allassane Outara dans son bureau d'avocat, Claude Guéant va devoir s'expliquer sur un nouveau versement de 25.000 euros en provenance de Jordanie. Un mouvement financier qui a retenu l'attention des juges lors d'une perquisition, rapporte mardi l'Express.

Contacté par l'AFP, l'ancien ministre de l'Intérieur s'est refusé à tout commentaire.

Toujours selon l'Express, deux notes à en-tête du ministère de l'Intérieur ont été découvertes lors des perquisitions menées ce jour-là évoquant des relations régulières entre Claude Guéant et plusieurs personnes connues du régime libyen: les hommes d'affaires Ziad Takieddine et Alexandre Djouhri ainsi que l'avocat Robert Bourgi. Un téléphone portable a également été saisi.

Un premier versement de 500.000 euros

Les juges menant l'enquête sur un éventuel financement libyen de la campagne de Nicolas Sarkozy en 2007 s'interrogent déjà sur un versement de 500.000 euros au profit de l'ex-ministre, découvert lors de la même perquisition menée le 27 février.

Claude Guéant l'a justifié par la vente à un avocat malaisien de deux tableaux d'un peintre flamand du XVIIe, Andries van Eertvelt. Mais les experts contestent la valorisation de ces œuvres.

Claude Guéant affirme tenir tous les justificatifs à disposition de la justice. Il dit ne pas être un spécialiste et avoir cédé ces œuvres au prix proposé.

"Moins de dix factures, pour 20 à 25.000 euros"

Les enquêteurs ont également retrouvé des factures payées en liquide. Ce sont des "sommes modestes", "des petits paiements, d'un millier d'euros, des choses comme ça", avait expliqué début mai Claude Guéant qui parle aussi de "moins de dix factures, pour une somme de 20 à 25.000 euros", des "achats de la vie courante".

Claude Guéant explique qu'il aurait accumulé ces fonds depuis son entrée dans les cabinets de l'Intérieur à la fin des années 1970 et ce jusqu'en 2006. De nombreux politiques, y compris à droite, ont contredit Claude Guéant sur l'existence de telles primes de cabinet après 2002.

Un encombrant tableau, cadeau du président ivorien

L'ex-ministre de l'Intérieur est également depuis peu pointé du doigt dans une autre histoire de tableau. Il s'agit cette fois-ci d'une œuvre, qui orne aujourd'hui les murs de son cabinet d'avocats, alors qu'il lui a été offert en novembre 2011 par le président ivoirien Alassane Ouattara, lors d'une visite officielle. Claude Guéant aurait donc "privatisée" cette œuvre en dépit d'une circulaire en vigueur.

Interrogé par Le Lab, Claude Guéant s'est justifié: "La lecture faite sur Internet de cette circulaire n'est pas exacte. C'est oublier le critère de valeur. Or ce tableau n'a pas de valeur marchande, mais il a une valeur affective bien réelle", a-t-il assuré. Le ministre fait référence à un passage de la note, qui stipule que le dispositif ne "concerne que les cadeaux de valeur ou qui présentent un intérêt artistique, culturel, scientifique ou historique".


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D. N. avec AFP et Mélanie Bertrand (vidéo)