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Un réseau de proxénétisme dans les cités d'Ile-de-France démantelés, 7 jeunes mis en examen

Ils sont soupçonnés d'avoir recruté des jeunes filles en situation difficile pour les prostituer ensuite. Elles devaient se faire tatouer un signe distinctif pour marquer leur appartenance au réseau.

Ils ont entre 18 et 23 ans et sont déjà connus des services de police pour des faits de délinquance. Sept jeunes hommes accusés d'être à la tête d'un réseau de prostitution en Ile-de-France ont été mis en examen pour proxénétisme aggravé le 23 mai dernier, rapporte une source policière à BFMTV, confirmant une information de Franceinfo.

Recrutement par les réseaux sociaux

Ils sont soupçonnés d'avoir recruté des jeunes filles de cités franciliennes, âgées de 15 à 22 ans, via des réseaux sociaux, pour les prostituer ensuite. Les jeunes filles, déscolarisées ou en difficulté financière, tombaient dans le piège par l'appât de l'argent facile en devenant "escort girl".

En réalité, elles se retrouvaient dans un réseau de prostitution crasse dans des chambres d'hôtel en banlieue avec un climat extrême de violence. 

"Il m'a dit 'je te fais des annonces, je sais comment ça marche, je te mets à l'hôtel, toi tu reçois les clients, tu fais ce que tu as à faire avec eux et après tu prendras l'argent et tu toucheras une partie", témoigne à notre antenne Manon, petite amie de l'un des proxénètes.

Un tatouage comme signe d'appartenance

La bande, très structurée, mettait des annonces en ligne, louait les chambres, forçait les filles à se prostituer et surveillait les passes, moyennant 350 à 400 euros par jour en moyenne. Les jeunes filles du réseau devaient se faire tatouer de force un signe distinctif. 

L'enquête a été menée durant plusieurs mois par la brigade de répression du proxénétisme de la police judiciaire parisienne. Interpellés entre le 20 et le 22 mai à Paris, Savigny-sur-Orge et Lieusaint, ils ont été mis en examen jeudi dernier. Depuis, six d'entre eux ont été placés en détention provisoire. Le dernier était, lui, déjà incarcéré pour d'autres faits.

Le nombre d'affaires multiplié par 4

En décembre dernier, la Direction centrale de la police judiciaire (DCPJ) dévoilait au Figaro que le nombre d'affaires de prostitution dans les cités avaient quadruplé en 2017 pour atteindre 84.

Ces réseaux attirent d'autant plus qu'ils sont plus lucratifs que le trafic de drogue, nous explique Sandrine Goldschmidt de l'association Mouvement du Nid:

"Une fois que vous avez vendu de la drogue, elle est écoulée. Malheureusement, les victimes de la prostitution sont exploitables pendant longtemps parce qu'elles sont contraintes", affirme-t-elle, avant de dénoncer "l'hypersexualisation des jeunes filles": 

"L'hypersexualisation des jeunes filles dans la publicité, dans les films, la glamourisation de la prostitution avec un parcours comme Zahia... On laisse entendre que, après tout, vendre son corps ce ne serait pas différent d'autre chose", regrette-t-elle.

La procureure générale de la cour d'appel de Paris Catherine Champrenault avait également tiré la sonnette d'alarme dans les colonnes du Parisien, dans une tribune où elle déclarait que ces réseaux progressaient à cause "d'une avidité pour l'argent et d'une banalisation à l'extrême de l'acte sexuel exacerbée par l'explosion de la pornographie."

Alexandra Gonzalez avec Esther Paolini