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Paris: une mère et ses fils jugés pour proxénétisme

Une mère et ses deux fils vont être jugés à Nanterre

Une mère et ses deux fils vont être jugés à Nanterre - BFM Paris

La famille est accusée d'avoir fourni des logements à des prostituées brésiliennes et d'avoir organisé des parties de poker clandestines.

Le procès d'une mère et de ses deux fils accusés d'avoir fourni des logements à des prostituées brésiliennes dans les beaux quartiers de l'ouest parisien ainsi que d'avoir organisé des parties de poker clandestines s'est ouvert ce mercredi à Nanterre.

Au total, la famille gérait une vingtaine d'appartements situés dans les XVe et XVIe arrondissements de Paris ainsi que dans plusieurs communes huppées des Hauts-de-Seine. Si certains de ces logements étaient loués aux ambassades de Libye et d'Arabie Saoudite ainsi qu'à de riches clients du Moyen-Orient, un nombre significatif servait à héberger des prostituées, pour la plupart venues du Brésil.

Déjà condamnés en 2010

Les deux frères, Same et Mickaël S., trentenaires, louaient à des prix prohibitifs et pour de courtes durées ces appartements à ces jeunes femmes qui en échange étaient dispensées de fournir une quelconque garantie.

Des dizaines de jeunes brésiliennes interrogées par les enquêteurs ont dévoilé un réseau dans lequel les frères S., aidés de leur mère, se comportaient en véritables agents immobiliers, "particulièrement connus" dans le milieu des prostituées brésiliennes. Déjà condamnés en 2010 pour avoir loué des appartements à des prostituées, les deux frères ont pourtant continué leurs activités.

"Je me suis voilé la face, je ne voulais pas réfléchir"

Les filles "ne voulaient pas partir, elles sont restées et donc j'ai continué à collecter les loyers, j'ai choisi la facilité", s'est mollement défendu Same S. à la barre. "Je me suis voilé la face, je ne voulais pas réfléchir", s'est contenté de déclarer son frère Mickaël. "Certes, vous n'êtes pas dans le cas de ces proxénètes qui ramènent des filles en France, les violent, les tabassent et les mettent sur le trottoir mais le résultat est le même, vous profitez de la vulnérabilité de ces filles", a tancé la présidente face à des prévenus peu loquaces.

Accrocs aux jeux d'argent, les deux frères et leur mère sont également poursuivis pour avoir organisé des parties de poker clandestines dans certains de leurs appartements disposant de tables de jeu sur mesure. Les parties organisées par les frères S., qui leur avaient rapporté 312.000 euros sur un an, étaient particulièrement courues en raison de la facilité d'y obtenir des crédits "sans pour autant faire preuve de violence (...) dans la demande de remboursement" d'après l'enquête. Le jugement est attendu vendredi.

P.L avec AFP