BFMTV

A Paris, le procès d'un réseau de "proxénètes de cité"

Le tribunal correctionnel de Paris. (photo d'illustration)

Le tribunal correctionnel de Paris. (photo d'illustration) - joël Saget - AFP

Un réseau de dix proxénètes est jugé ce mardi devant le tribunal correctionnel de Paris. Agés de 19 à 37 ans et issus de la banlieue parisienne, ils prostituaient des jeunes femmes de leur entourage.

Pour les policiers, il s'agit d'un nouveau phénomène, en plein essor: le proxénétisme de cité. Un réseau de dix hommes est jugé ce mardi devant le tribunal correctionnel de Paris. Agés de 19 à 37 ans, et tous issus de la banlieue parisienne, ils prostituaient des jeunes femmes faisant partie de leur entourage. Au total, une quinzaine de victimes ont été dénombrées, et certaines d'entre elles étaient mineures.

Partage des tâches 

Ce réseau de proxénètes d'un nouveau genre avait un fonctionnement bien rôdé. Les jeunes femmes faisaient des passes pour 50 euros, et 60% de leurs revenus étaient captés par les "macs". Ces derniers, à peine plus âgés que leurs victimes, étaient une dizaine, et organisaient l'ensemble de la logistique, du recrutement des filles à la location des chambres. 

Chacun d'entre eux avait une tâche bien précise au sein du groupe. "Il y a celui qui va chercher la voiture, celui qui s'occupe de l'annonce en ligne, celui qui va récolter les gains, celui qui s'occupe de mettre la pression. Il y a toute une organisation pour l'exploitation de ces femmes", détaille Vanina Méplain, avocate des parties civiles. 

Irruption d'un proxénétisme "de cité"

Les policiers voient là l'émergence d'un nouveau phénomène, celui du proxénétisme de cité, dans le cadre duquel des jeunes souvent issus du trafic de stupéfiants investissent une nouvelle activité, la prostitution. Face à un marché du trafic de drogue saturé, les jeunes délinquants trouvent là une nouvelle source de financement, et un gain d'argent facile. 

Comme l'expliquait Le Parisien en novembre dernier, le filon est en plein essor dans les banlieues françaises, et s'observe à Paris, Lille ou encore Marseille. Les chiffres sont éloquents: selon l'Office central pour la répression de la traite des êtres humains, le phénomène est passé de quelques cas en 2014, à 21 cas recensés en 2015, puis 48 en 2016. A tel point que 14% des victimes de proxénètes en France en 2016 étaient sous le joug de cette prostitution dite "de cité", qui implique majoritairement des jeunes filles mineures. Celles-ci sont généralement "recrutées" dans leurs quartiers, par des jeunes hommes qu'elles connaissent parfois, ou par le biais d'Internet et des réseaux sociaux. 

Généralement, les passes se déroulent dans des appartements ou des chambres d'hôtel loués par les jeunes proxénètes. 

Jusqu'à 15 ans de prison

Mais pour l'avocat de la défense, Yassine Djellal, les jeunes femmes travaillant pour le réseau jugé ce mardi étaient "dans la difficulté et dans le besoin". "Elles sont parties voir de très jeunes hommes, avec qui elles sortaient, elles aillaient en boîte de nuit. Et ces très jeunes femmes demandaient à ces très jeunes hommes de les assister dans leur entreprise". Les prévenus risquent jusqu'à 15 ans de prison.

A.S. avec Cécile Ollivier et Jérémy Muller