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La prostitution des mineures, fléau des sites de petites annonces

Une prostituée à Nice, le 5 septembre 2015 à Nice.

Une prostituée à Nice, le 5 septembre 2015 à Nice. - Valéry Hache - AFP

Les parents d'une adolescente ont porté plainte contre le site Vivastreet pour "proxénétisme sur mineure". En France, de plus en plus de prostituées ont recours à Internet pour vendre leurs services.

Les parents d'une fille de 15 ans ont porté plainte mercredi contre le site de petites annonces en ligne Vivastreet pour proxénétisme sur mineure, rapporte France Info. Leur fille, âgée de 14 au moment de son inscription, avait posté une annonce dans laquelle elle se faisait passer pour une femme de 20 ans en utilisant la catégorie "Adultes" du site.

L'adolescente a avoué la vérité à ses parents, juste avant de fuguer. "Depuis cinq mois, nous n'avons pratiquement plus de nouvelles. Nous savons aujourd'hui qu'elle se prostitue. […] Elle se déplace uniquement pour des personnes propres et respectueuses, avec des photos", a expliqué son père à France Info.

La prostitution sur Internet en plein essor

Depuis l'adoption de la loi sur la pénalisation des clients, ce type de pratiques est en plein essor. De plus en plus de clients, qui craignent de recevoir une contravention d'au moins 1.500 euros, privilégient Internet, beaucoup moins ciblé par la répression de racolage. Selon une étude menée en mai 2015 par Prost Cost soutenue par l'ISEC, 62% des prostituées en France vendraient leurs services en ligne.

Le député de Seine-et-Marne Guy Geoffroy, auteur d'un rapport parlementaire sur la prostitution datant de 2011, expliquait qu'"Internet constitue un media privilégié, dont les faibles coûts d'accès et la discrétion sont les principaux avantages".

"Cette prostitution a généré l'apparition de nouveaux clients, qui répugnaient à recourir à la prostitution de rue. Le sentiment de s'adresser à une professionnelle indépendante, tout à fait consentante, en même temps que la facilité de la démarche via Internet a pu encourager le passage à l'acte de certains clients", analyse le député.

Une répression difficile

Dans son rapport, Guy Geoffroy souligne les difficultés de la répression du racolage et du proxénétisme sur Internet. Les sites, souvent hébergés à l'étranger, se rendent inattaquables en opérant depuis la Moldavie, l'Ukraine ou la Biélorussie, des pays échappant au mandat d'arrêt européen. Mais ces pratiques concernent avant tout les sites d'escorts.

Dans le cadre d'une annonce postée sur Vivastreet, les personnes prostituées profitent elles du flou juridique entourant le racolage sur Internet. La loi sur la prostitution, promulguée en avril dernier, condamne désormais la proposition avérée de marchandage sexuel. Mais il n'en est rien des demandes insidieuses ou sous-entendues, comme le sont celles de "massage" postées sur le site de petites annonces.

F. H.