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Un psychiatre jugé pour homicide involontaire après un meurtre commis par son patient

Un hôpital psychiatrique et un médecin de l'établissement sont poursuivis en justice par la famille d'un étudiant, assassiné en 2008. Le meurtrier était un de leurs patients schizophrènes. (Photo d'illustration)

Un hôpital psychiatrique et un médecin de l'établissement sont poursuivis en justice par la famille d'un étudiant, assassiné en 2008. Le meurtrier était un de leurs patients schizophrènes. (Photo d'illustration) - AFP

La famille d'un étudiant assassiné en 2008 par un patient schizophrène poursuit en justice le médecin psychiatre du meurtrier, ainsi que l'établissement psychiatrique, une première en France.

Un hôpital psychiatrique isérois et un ancien médecin de l'établissement sont jugés ce mardi devant le tribunal correctionnel de Grenoble pour homicide involontaire. Un étudiant avait été assassiné en 2008 par un de leurs patients schizophrènes.

Après huit ans de rebondissements juridiques, les accusés doivent expliquer comment le malade, déjà auteur de plusieurs agressions à l'arme blanche, avait été autorisé à des sorties non surveillées dans le parc de l'établissement. Il avait pu le quitter sans difficulté.

Schizophrène depuis les années 1970, il poignarde un étudiant en 2008

Ce 12 novembre 2008 dans le centre-ville de Grenoble, situé à une dizaine de kilomètres de l'hôpital, le patient poignarde Luc Meunier, un étudiant de 26 ans. Hospitalisé depuis la fin des années 1970, sujet à des hallucinations et des pulsions morbides, cet homme de 56 ans a été déclaré pénalement irresponsable en 2011 et placé en unité pour malades difficiles.

En France, il s'agit d'une procédure inédite: c'est la première fois qu'un psychiatre praticien hospitalier est poursuivi pénalement. La peine maximale encourue est de 5 ans d'emprisonnement. 

Un procès qui remet en question la responsabilité des psychiatres

"On n'a pas de haine. On ne souhaite de la prison à personne mais on se bat pour que ça ne recommence plus", a déclaré la sœur de la victime. Le frère, quant à lui, explique: "Ce n'est pas un métier facile, psychiatre, mais leur travail est de s'occuper de gens dangereux et de le faire bien". 

Pour l'avocat du médecin, "c'est une première qui devrait ne jamais avoir eu lieu. Les médecins psychiatres sont très inquiets parce que, face à ce genre de malades, si on les accuse de prendre un risque, il faut trouver des cellules fermées et ça n'existe pas en France!".

A.Mi avec AFP