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Un projet d'attentat terroriste formé en prison déjoué

Selon nos informations, un projet d'attentat terroriste échafaudé par deux détenus dans leur prison de Fresnes a été déjoué. Les deux hommes ont été mis en examen vendredi.

Deux hommes, considérés comme radicalisés, détenus à Fresnes pour des faits de droit commun, dans le Val-de-Marne, sont soupçonnés d'avoir mis au point un attentat terroriste depuis leur prison, selon nos informations. Ils avaient évoqué plusieurs cibles potentielles et comptaient mener leur plan à bien à leur sortie de prison. Parmi les hypothèses, des surveillants pénitentiaires, des policiers, une prise d'otage ou encore un mitraillage avaient été évoquées par les suspects, a indiqué une source proche du dossier. Les deux individus devaient être libérés prochainement. Leur projet, qui se serait déroulé à l'extérieur de la prison, a été déjoué. 

Des hommes de 22 et 28 ans 

Les deux suspects, un Camerounais de 28 ans et un Français de 22 ans, ont été mis en examen par un juge antiterroriste vendredi pour association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste, puis à nouveau placés en détention provisoire. Ils avaient été extraits de leur cellule lundi dernier puis entendus pendant quatre jours en garde à vue. Ils étaient en fait surveillés par la DGSI depuis plusieurs mois. L'un des deux prisonniers communiquait avec un contact en Syrie au moyen d'une messagerie cryptée. 

"Ces deux islamistes radicaux voulaient monter un groupe de combattants avec la volonté de monter en puissance par le biais de diverses actions, à l'extérieur de la prison, ciblant entre autres des policiers et des surveillants de prison", a expliqué une source proche de l'enquête à l'AFP. 

Lors de sa garde à vue, le Camerounais, qui devait sortir de prison ce mardi, a confirmé aux enquêteurs qu'il comptait commettre un attentat sans donner plus de précisions, a précisé une source proche du dossier. Il était un sympathisant du groupe Etat islamique, a-t-elle ajouté. La section antiterroriste du parquet de Paris avait ouvert une enquête il y a plusieurs mois.

FO pénitentiaire réclame des unités dédiées pour les détenus radicaux

Les enquêteurs de la DGSI ont procédé à l'interpellation des suspects alors qu'un Réunionnais de 44 ans en lien avec les deux détenus "projetait de se rendre en métropole pour apporter un soutien logistique aux deux détenus", a ajouté une autre source proche de l'enquête. Le Réunionnais a pour sa part été récemment mis en examen pour "apologie publique d'actes de terrorisme, par le biais de messages adressés sur un compte Twitter entre juin et août 2017", puis placé en détention provisoire.

Yoan Karar, secrétaire général FO pénitentiaire, a expliqué lundi soir sur notre antenne: "Des choses ont été retrouvées dans la cellule de ces détenus lors de perquisitions policières qui ont fait que certains documents ont mis au jour ces projets d’attentat." Il s'est aussi fait l'écho d'une proposition:

"Nous réclamons l’ouverture d’unités dédiées qui soient complètement à part des prisons où ils auraient une réelle prise en charge sécuritaire et une réelle prise en charge de déradicalisation. Il faut vraiment que ces détenus ne soient plus dans les détentions pour qu’ils ne puissent plus communiquer avec les autres détenus, tout simplement."

R.V., avec Sarah-Lou Cohen et AFP