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"Un acte de sauvagerie": trois jours après son agression transphobe à Paris, Julia témoigne

Julia, femme transgenre, a été insultée et frappée en marge d’un rassemblement contre Abdelaziz Bouteflika, dimanche soir à Paris.

Les images de son agression ont suscité une vague d'indignation. Dimanche soir, Julia se trouvait au niveau de la place de la République, à Paris, en marge d'un rassemblement contre le président algérien Abdelaziz Bouteflika, lorsque trois hommes l’ont violemment prise à partie, raconte-t-elle mercredi matin sur BFMTV. 

"Un des trois me regarde et me dit : ‘t’es un homme toi ! tu iras nulle part, tu ne passeras pas’. Et il m’a mis la main sur la poitrine", témoigne Julia.

Un des trois individus a ensuite sorti son sexe, poursuit-elle, "en disant que j'allais devoir lui faire plaisir". Alors qu'elle se trouve au niveau des escaliers de l'entrée du métro, "il y avait d’autres hommes au-dessus qui se sont mis à me jeter de la bière".

Une enquête ouverte

Sur les images de la vidéo de son agression, qui commence après cette première altercation dit-elle, la jeune femme tente de fendre la foule et reçoit plusieurs coups de poings, avant d'être mise à l'écart par les agents du service de sécurité de la RATP.

Le parquet de Paris a ouvert une enquête pour "violences commises à raison de l'orientation sexuelle et de l'identité de genre", a précisé une source judiciaire, ajoutant qu'une personne avait été placée en garde à vue avant d'être relâchée.

"Ce que j’attends ce ne ‘est pas forcément que ces personnes soient punies mais que les choses avancent, que les mentalités évoluent", explique la jeune femme. "On est différents mais on a juste envie d'être nous-même". 

Soutien de politiques

Combative et résolue à surmonter "cet acte de sauvagerie", Julia l'assure: "Je vais devenir une très belle femme et ces personnes ne m’en empêcheront pas". 

Depuis, son agression, elle a reçu le soutien de nombreux responsables associatifs et politique. "Les coupables de cet acte intolérable doivent être identifiés et poursuivis" a notamment affirmé la maire de Paris, Anne Hidalgo, sur Twitter, se disant "indignée".

Côté gouvernement, la secrétaire d'Etat en charge de l'Égalité entre les femmes et les hommes et de la lutte contre les discriminations a dénoncé une scène "inadmissible", rappelant que les agressions homophobes et transphobes "ne sont pas des opinions mais de la bêtise et de la haine". "Elles agressent et tuent", a écrit Marlène Schiappa sur Twitter.

Benjamin Rieth