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Agression transphobe à Paris: "les victimes n'osent pas se rendre au commissariat" 

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- - L'agression s'est déroulée place de la République. - Capture Twitter

Lyes Alouane, de Stop Homophobie a déploré la difficulté pour les personnes LGBT à se rendre au commissariat quand elles ont été victimes d'une agression.

Une enquête a été ouverte ce mardi par le parquet de Paris pour "violences aggravées" après une agression transphobe dimanche, place de la République. Dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux, on voit la victime sur les marches du métro invectivée par plusieurs personnes au milieu d’une foule. Lorsqu’elle parvient à se frayer un chemin, la victime est frappée de plusieurs coups de poing par un individu.

"Ces images nous ont consternées. Malheureusement, on commence à s'y habituer", déplore au micro de BFM Paris Lyes Alouane, délégué Ile-de-France de l’association Stop Homophobie, qui a diffusé la vidéo de l'agression sur les réseaux sociaux. "Là nous avons eu des images, mais des actes transphobes, il y en a plein, à Paris, en Ile-de-France et ailleurs et ils souvent banalisés."

"Je suis rentrée en contact avec la victime. Elle est choquée mais elle est combattive. Elle veut faire changer les choses et améliorer la situation pour les personnes LGBT", a t-il ajouté. Selon nos informations, une personne a dans un premier temps été interpellée et placée en garde à vue, mais sa garde à vue a été levée et les investigations se poursuivent.

La difficulté de porter plainte

Lyes Alouane a par ailleurs déploré la difficulté pour les personnes LGBT à se rendre au commissariat quand elles ont été victimes d'une agression. "C'est très difficile pour les personnes LGBT de se rendre au commissariat. Souvent, ce qu'elles disent n'est pas pris en compte, voire ridiculisées." explique t-il précisant que Stop Homophobie "travaille avec des avocats de façon à transmettre les plaintes directement au procureur de la république sans aller au commissariat."

"Des mesures ont été annoncées il y a quelques semaines pour lutter contre la transphobie", a t-il rappelé. "Nous demandons qu'elles soient rapidement appliquées pour que ces faits ne peuvent plus se reproduire." Et de conclure "Ces mesures sont insuffisantes. Le gouvernement doit proposer de nouvelles mesures et nous les attendons de pied ferme."

Cyrielle Cabot