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Tuerie de Chevaline: que sait-on de l'ex-policier en garde à vue?

L'entrée du village de Chevaline. La tuerie a eu lieu non loin de là.

L'entrée du village de Chevaline. La tuerie a eu lieu non loin de là. - -

PORTRAIT - BFMTV est allé à la rencontre des voisins du père de famille de 48 ans, interpellé lundi par la police dans le cadre de l'enquête sur l'assassinat d'une famille britannique et d'un cycliste en 2012, à Chevaline.

C'est la première arrestation en France dans cette terrible affaire criminelle. Depuis l'interpellation d'un homme, lundi, placé en garde en vue dans le cadre de l'enquête sur la tuerie de Chevaline, les voisins de cet ancien policier municipal de 48 ans sont sous le choc. Ce qu'ils savent de ce père de trois enfants ne cadre pas avec l'homme qui aurait pu assassiner de sang-froid trois Britanniques d'une même famille et un cycliste qui passait là, en Haute-Savoie, en 2012.

"Il venait boire son café presque chaque matin, il s'entendait bien avec tout le monde, très sympa, souriant. Moi je n'y crois pas une seconde, et je suis plus qu'abasourdi", confie Alexis, patron d'un bar situé à une dizaine de kilomètres à peine de la scène de crime, à Menthon-Saint-Bernard.

"Je ne le vois pas du tout faire un acte pareil. C'est quelqu'un qui ne se laisse pas marcher sur les pieds non plus, quand il y a quelque chose à dire, il le dit. Mais c'est franc, c'est honnête", poursuit un voisin, dans le lotissement où vit l'homme interpellé. "Il est très amical, dit bonjour à tout le monde!", renchérit une habitante.

Un homme aux deux visages?

Seules quelques fausses notes viennent troubler cette image d'un père sans histoire. Comme ce voisin, Bernard, qui dépeint un tout autre personnage. "C'est un belliqueux. Deux fois il s'est arrêté en me disant 'Toi, je vais te casser la gueule...'"

Autre surprise dans le lotissement, la découverte lundi soir dans le garage d'une moto par les gendarmes, venus perquisitionner les lieux. Parmi tous les voisins rencontrés par BFMTV, aucun ne connaissait son existence, ni n'en avait entendu parler.

L'homme, âgé de 48 ans, occupait la fonction de policier municipal jusqu'à sa révocation, en juin dernier. Il occupe depuis un poste d'agent de sécurité en Suisse, non loin de là. Devant les enquêteurs, il montre l'image d'un montagnard taiseux. Deux figures pour un même homme? Ses proches et sa famille, qui seront auditionnés dans la journée de mercredi, permettront sans doute d'en savoir plus.

"Tu ressembles étrangement au portrait-robot!"

Une chose est sûre, il est passionné d'armes anciennes. A son domicile, les gendarmes en ont retrouvé un stock important. Selon nos informations, un pistolet Luger, comme celui utilisé lors de la tuerie mais d'un calibre différent, se trouvait à son domicile, ainsi que des revues sur les Luger, utilisées auparavant par l'armée suisse. Quant à son téléphone portable, il se situait dans la zone de la tuerie au moment des faits.

Comment les enquêteurs sont-ils remontés jusqu'à lui, il y a quelques semaines? En réalité, c'est grâce au portrait-robot diffusé en novembre dernier correspondant à un motard, aperçu non loin des lieux du crime par plusieurs témoins, et qui a entraîné une centaine de coups de fils, dont une quarantaine jugés utiles par les gendarmes.

Petit bouc, yeux tombants, l'homme interpellé lundi ressemble à s'y méprendre à celui dessiné sur le portrait-robot. Un détail qui n'avait visiblement pas échappé aux gens du coin. "On se retrouvait souvent au café, on plaisantait avec lui en lui disant: 'C'est marrant, tu ressembles étrangement au portrait-robot!' Il éclatait de rire d'ailleurs", confie un voisin. Aujourd'hui, l'anecdote résonne étrangement dans ces montagnes.

Alexandra Gonzalez avec Cécile Ollivier