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Tuerie de Chevaline: la piste roumaine?

8 mois après le drame de Chevaline, les enquêteurs n'excluent aucune piste.

8 mois après le drame de Chevaline, les enquêteurs n'excluent aucune piste. - -

Des appels téléphoniques entre la Roumanie et le frère d'une des victimes britanniques de la tuerie de Chevaline intriguent les enquêteurs, qui continuent de creuser la piste d'un différend familial pour des questions d'héritage.

L'enquête dans l'affaire de la tuerie de Chevaline rebondit une nouvelle fois. Après avoir suivi plusieurs pistes, les enquêteurs continuent de passer au crible la vie de la famille al-Hilli.

Des appels téléphoniques entre la Roumanie et le frère d'une des victimes britanniques de la tuerie intriguent les enquêteurs qui continuent de creuser la piste d'un différend familial pour des questions d'héritage.

"Il y a eu des appels téléphoniques passés depuis le téléphone du frère de Saad al-Hilli vers la Roumanie. Une commission rogatoire internationale a été adressée à la Roumanie il y a plusieurs mois", a déclaré Éric Maillaud, procureur de la République à Annecy.

"Il n'y a pas de piste roumaine"

"Cette commission rogatoire a été en partie exécutée. Pour l'instant, ça ne donne rien", a-t-il ajouté, en précisant que les numéros composés n'avaient pas pu être identifiés.

Saad al-Hilli et son frère Zaid étaient brouillés depuis de nombreux mois à propos de l'héritage de leur père, portant sur plusieurs millions d'euros. L'hypothèse du différend familial est une des pistes privilégiées par les enquêteurs depuis le début de l'affaire.

Zaid al-Hilli n'a pas pu être interrogé sur ces appels téléphoniques car il bénéficie toujours du statut de témoin en Grande-Bretagne et non de celui de suspect.

"On sait qu'il y a des connexions téléphoniques avec la Roumanie mais on ne sait pas qui était au bout du fil ni pourquoi les appels étaient passés", a résumé Eric Maillaud. Lundi, le procureur a cependant assuré que ces appels vers la Roumanie n'avaient "strictement rien d'une piste sérieuse".

"C'est simplement qu'on ne peut rien laisser dans l'ombre. Cela fait partie des masses de données que l'on récolte mois après mois", a-t-il ajouté. "Il n'y a pas de piste roumaine", a abondé une source proche de l'enquête.

"Ce n'est pas parce qu'on travaille avec un pays qu'il y a une piste sérieuse. Sur cette affaire, on travaille avec une quinzaine de pays", a assuré une autre source proche de l'enquête.

Tués de plusieurs balles dans la tête

Le 5 septembre dernier, Saad al-Hilli, Britannique d'origine irakienne de 50 ans, sa femme Iqbal, 47 ans, et sa belle-mère Suhaila al-Allaf, 74 ans, de nationalité suédoise, avaient été retrouvés morts, tués de plusieurs balles dans la tête. Sylvain Mollier, un cycliste de la région, probable victime collatérale, gisait à côté de leur véhicule.

Les circonstances de la tuerie semblent à première vue peu compatibles avec le travail d'un professionnel: trop de douilles tirées, une victime collatérale et deux survivantes potentiellement témoins (les deux filles al-Hilli: Zainab, 7 ans, et Zeena, 4 ans).

En novembre, l'hypothèse d'un "tueur à gages low-cost venu des Balkans", avait été évoquée par Eric Maillaud, avec maintes précautions.


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M.R avec AFP