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Tronc humain découvert à Paris: où en est l'enquête sur la journaliste assassinée

La victime a été retrouvée dans cette zone, à Paris.

La victime a été retrouvée dans cette zone, à Paris. - -

La jeune femme, dont seule une partie du corps a été retrouvée, faisait elle-même l'objet d'une plainte pour "menaces de mort réitérées".

Du meurtre de Caroline C., dont le corps mutilé a été retrouvé le 24 septembre dernier dans le XVIIIe arrondissement de Paris, il ne fait aucun doute. Vendredi, le parquet de Paris a ouvert une enquête pour "homicide volontaire", "atteinte à l'intégrité d'un cadavre" et "vol d'un local d'habitation". Mais pour une certitude, beaucoup de questions entourent encore la mort de cette jeune journaliste de 33 ans. BFMTV.com fait le point sur l'enquête.

> Son corps retrouvé en partie mutilé

Le corps mutilé de la jeune femme, en décomposition, a été découvert le 24 septembre dernier dans une gaine électrique, sur un chantier situé rue Louis-Pasteur-Vallery-Radot, près de l'hôpital parisien Bichat. Les jambes et la tête étaient manquants, et les enquêteurs évoquent "un travail de professionnel" en remarquant l'amputation très nette des membres.

Les bras et les mains n'auraient en revanche pas été sectionnés, révèle vendredi Le Monde, citant une source proche de l'enquête. Ce sont donc les empreintes digitales qui ont permis l'identification de la jeune femme, par recoupement avec son passeport biométrique.

L'autopsie a permis de dater sa mort entre le 19 et le 25 août, la jeune femme n'ayant plus donné signe de vie depuis le 19 août. Ses parents, qui habitent dans le Var, avaient signalé sa disparition le 28 du même mois. Bien que vivant à des centaines de kilomètres de son domicile parisien, ils étaient jusqu'alors restés "en contact permanent avec elle", comme l'a indiqué son père jeudi à Nice Matin.

> Des fragilités psychiatriques

Journaliste pigiste, formée à l'Institut pratique de journalisme de Paris, dont elle était sortie diplômée en 2006, Caroline C. avait régulièrement travaillé pour France Télévisions sur la Côte d'Azur, d'où elle était originaire. Ses proches l'ont décrite comme une jeune femme "au grand coeur" et "passionnée" par son métier. Son père se souvient que pour sa fille, "les gens importaient beaucoup".

Depuis quelques mois, elle était néanmoins en arrêt maladie à la suite d'épisodes dépressifs récurrents, qui pourraient être liés à deux ruptures amoureuses successives. Depuis, elle vivait à Paris et était suivie à l'hôpital Bichat, à deux pas de l'endroit où son corps a été retrouvé. Selon RTL, elle souffrait en outre de troubles bipolaires, et était en rupture de traitement moment de sa disparition.

> Une plainte contre elle pour "menaces de mort"

La jeune femme aurait également proféré des menaces à l'égard d'un ancien petit ami, révèle vendredi Le Monde. Selon le quotidien, citant une source proche du dossier, l'homme avait déposé une plainte contre elle pour "menaces de mort réitérées" au commissariat de Nanterre. Ces menaces se seraient produites entre mars et août, date de sa disparition.

> En train de se marginaliser?

Toujours selon le quotidien, la jeune femme côtoyait depuis plusieurs mois le milieu des sans-abri et des marginaux. Par engagement ou par précarisation? Selon son père, cité par Nice Matin, Caroline C. avait notamment "réalisé un reportage sur les sans-abri, mais ne s'était pas contentée d'être spectatrice. Une fois la caméra éteinte, elle avait voulu leur être utile. Elle les avait aidés". Selon une source proche du dossier citée par Le Monde, "elle n'était pas loin elle-même de le devenir".

> Un mystérieux cambriolage

Et puis il y a le cambriolage. Le 18 septembre, l'appartement de Caroline C., également situé dans le XVIIIe arrondissement, a été visité. La jeune femme, décédée en réalité un mois plus tôt, était à ce moment-là toujours portée disparue. Selon Le Parisien, citant un proche de l'affaire, "un ou plusieurs inconnus se sont introduits chez elle pour dérober son téléphone, une tablette numérique, un blouson et son sac à main".

Fait troublant, un appareil photo argentique, qui lui appartenait mais ne se trouvait alors pas dans l'appartement, a été retrouvé à son domicile quelque temps après le cambriolage.

Pour une source proche du dossier, citée par Le Monde, la visite de son appartement pouvait avoir pour objectif "d'empêcher les enquêteurs de retracer les derniers déplacements" de la jeune femme.

Mathilde Tournier