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Trappes: "Tout ce qui a été dit est faux"

Le port du niqab dans la rue est interdit en France depuis 2011 (photo d'illustration).

Le port du niqab dans la rue est interdit en France depuis 2011 (photo d'illustration). - -

Jeudi, le contrôle d'identité d'une femme voilée à Trappes a dérapé. Son mari, soupçonné d'avoir étranglé un policier, livre sa version des faits.

"Tout ce qui a été dit est faux": le mari de la femme intégralement voilée dont le contrôle d'identité jeudi à Trappes, dans les Yvelines, a dégénéré, déclenchant dans la foulée les violences urbaines du week-end, a nié mardi la version policière de son interpellation.

Samedi, le procureur de la République à Versailles, Vincent Lesclous, avait expliqué que le jeune homme avait tenté d'étrangler un policier après la demande de contrôle d'identité, et que le fonctionnaire de police présentait des marques d'étranglement au cou, ainsi qu'une trace de coup sur une pommette.

Mickaël, 21 ans, jeune homme fluet et barbu, converti à l'islam à l'âge de 16 ans, a été placé en garde à vue jeudi avant d'être relâché samedi. Il sera jugé en septembre. "A aucun moment, on n'a refusé le contrôle" d'identité, assure-t-il, expliquant que son épouse, âgée de 20 ans et également convertie à l'islam, qui porte le voile intégral, avait déjà été contrôlée plusieurs fois et que "ça s'était toujours bien passé".

"Ils ont commencé à s'énerver"

Retour sur les faits. Jeudi, le couple, qui vit en Seine-Saint-Denis, se trouvait à Trappes, près du square Albert-Camus, en compagnie de la belle-mère et de la belle-soeur de Mickaël et de leur bébé de trois mois. "On aidait ma belle-mère à porter ses courses", raconte le jeune homme.

"Les policiers nous ont arrêtés, ils ont dit à ma femme: "Relevez votre voile". Ma belle-mère est venue voir, un agent de police l'a poussée. Quand ma femme a vu ça, elle leur a demandé pourquoi ils se comportaient de façon agressive. A ce moment-là, ils ont commencé à s'énerver." Quand son épouse s'est interposée, "le policier lui a dit de se taire, en lui criant dessus. Elle parlait avec les mains, le policier lui a frappé les mains pour les baisser".

"Je me suis interposé"

"A partir du moment où le policier s'est rapproché de ma femme et a mis sa main vers son visage comme pour la gifler ou la saisir, là j'ai eu peur pour ma femme et je me suis interposé", explique Mickaël, sans préciser de quelle façon il avait agi. C'est là que, selon les policiers, il aurait étranglé l'un des leurs.

Interpellé par les policiers qui, ajoute-t-il, l'ont "insulté" dans la voiture qui le conduisait au commissariat, il a été placé en garde à vue. "La garde à vue s'est passée correctement dans l'ensemble, à part pour les repas. Ils m'en proposaient pendant la journée mais pas le soir", a déploré ce musulman, qui pratique le ramadan et qui jeûne donc jusqu'à la tombée de la nuit. Il devra s'expliquer devant la justice en septembre.

A. G. avec AFP