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Valls veut doubler d'ici fin 2017 "les capacités de prise en charge" des personnes radicalisées

Le Premier ministre, Manuel Valls.

Le Premier ministre, Manuel Valls. - Capture BFMTV

Le Premier ministre s'exprimait lors des rencontres nationales sur le thème de la radicalisation pour insister sur le devoir de prévention.

A l'occasion des "rencontres nationales" organisées au tour du thème "les territoires mobilisés contre la radicalisation", le Premier ministre a annoncé vouloir "au moins doubler les capacités de prise en charge" des personnes radicalisées d'ici la fin 2017.

"Il faudra au moins doubler les capacités de prise en charge d'ici à la fin 2017. Il faudra diversifier les modalités de prise en charge, territoire par territoire et soutenir les acteurs qui s'investissent dans ce champ d'action", insiste le chef du gouvernement.

Manuel Valls a "la certitude que, pour répondre à l'urgence de la situation, il faudra au moins doubler les capacités de prise en charge d'ici à la fin 2017". Déjà, depuis mai, les dispositifs locaux sont passés de 1.600 à 2.240 individus pris en charge, et de 800 à 970 familles accompagnées", a précisé le chef du gouvernement.

"Ce qui est sûr, c'est que les dispositifs de suivi et de prise en charge que nous bâtissons réduisent les risques de passage à l'acte et agissent donc pour la sécurité des Français. Nous devons donc collectivement redoubler d'efforts", a-t-il ajouté.

12.000 personnes signalées

Dénonçant la "machine idéologique (...) qui diffuse son idéologie violente et autoritaire le plus souvent basé sur le salafisme le plus rétrograde", Manuel Valls assure qu'elle "embrigade au cœur même de nos sociétés des individus de plus en plus jeunes, femmes et hommes, de culture musulmane ou convertis de fraîche date et incite au passage à l’acte violent".

Devant un pare-terre d'élus, le Premier ministre est revenu sur la stratégie de l'Etat pour lutter contre le terrorisme sur le territoire. "Dès que les services de renseignement constatent des comportements dangereux et illégaux, le dossier doit faire l’objet d’une judiciarisation", prévient le chef du gouvernement assurant qu'en complément de cette judiciarisation, il faut de la prévention.

"En deux an et demi, 12.000 personnes ont été signalées pour radicalisation permettant alors à nos services de renseignement de procéder à des vérifications systématiques pour recouper ces informations - confirmées dans environ 70 % des cas", détaille-t-il. En parallèle de l'activité de surveillance et de l'action judiciaire, qui sont bien évidemment déterminantes, nous avons travaillé à une meilleure prise en charge sociale, éducative, psychologique ou psychiatrique."

Soutien aux recherches sur la radicalisation

Manuel Valls a souligné la nécessité de s'appuyer "sur des bases scientifiques toujours plus solides". "C'est pourquoi le gouvernement a décidé de soutenir et de structurer les actions de recherche sur la radicalisation. Les moyens alloués à ce terrain d'études seront augmentés. Il y aura des créations de postes, l'attribution de bourses de recherches. La ministre de l'Education nationale" Najat Vallaud-Belkacem "aura l'occasion d'en préciser l'ampleur pour 2017 au cours des prochaines semaines", a-t-il dit.

"Le conseil scientifique prévu par le Plan d'action sera créé dans les prochains jours. Il sera composé pour moitié d'universitaires, et pour moitié de représentants de l'Etat et des services publics", a-t-il précisé.

A ses yeux, "être efficace contre la radicalisation", c'est également "contrecarrer la propagande jihadiste sur les terrains mêmes où les recruteurs opèrent, en particulier dans la sphère numérique". "Nous faisons beaucoup, mais nous devons faire beaucoup plus pour développer un contre discours puissant, innovant, crédible", a souligné le chef du gouvernement.

J.C. avec AFP